Elections suisses : La droite populiste en tête, une percée des Verts

VOTE L’UDC, parti populiste de droite, est sorti en vainqueur affaibli des législatives alors que les Verts ont obtenu 17 députés supplémentaires

20 Minutes avec AFP

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Des volontaires vident l'urne d'un bureau de vote de Zurich, en Suisse, le 20 octobre 2019.
Des volontaires vident l'urne d'un bureau de vote de Zurich, en Suisse, le 20 octobre 2019. — Ennio Leanza/AP/SIPA

Une vague verte historique. Dimanche, lors des élections législatives suisses, les Verts ont obtenu 17 députés supplémentaires, pour un total de 28 sièges (13,2% des voix), au terme d'une campagne largement marquée par la question du changement climatique. La droite populiste de l'UDC, qui a fait campagne contre l'immigration, reste toutefois la première force politique du pays.

Selon les résultats définitifs, les Verts (gauche) sont désormais le quatrième parti au Conseil national (Chambre basse) devant le parti démocrate-chrétien (PDC, centre), et talonnent d'une voix le Parti libéral-radical (PLR, droite). Ils aspirent désormais à accéder pour la première fois au gouvernement, où tous les grands partis se partagent les sept places de ministres selon une formule dite « magique ».

Pour l’UDC, une « hystérie climatique »

Les Verts ont réclamé la « tenue urgente d'un sommet national pour le climat ». Et pour Greenpeace « le résultat de ces élections donne un mandat clair au Parlement ». Les appels de la jeune activiste écologiste Greta Thunberg ont particulièrement résonné en Suisse, où de nombreuses villes et cantons ont proclamé l’ « état d'urgence climatique », tandis que des dizaines de milliers de personnes ont participé aux « grèves pour le climat ». Ils étaient encore 100.000 à Berne fin septembre.

En constante progression depuis les années 1990, les populistes de droite de l'Union démocratique du centre (UDC), dont les affiches aux relents xénophobes font régulièrement polémique, sont eux sortis affaiblis du scrutin, perdant 12 sièges, avec 25,6% des voix (obtenant au total 54 sièges), contre 29,4% en 2015.

L'UDC a été le seul parti à dénoncer une « hystérie climatique ». « On savait qu'on allait perdre des plumes », mais « le sujet essentiel, avant de vouloir sauver la planète, c'est de sauver la souveraineté suisse », a réagit Oscar Freysinger, sénateur sortant UDC.

Le parti socialiste (PS, gauche, 39 sièges), les libéraux-radicaux (PLR, droite, 29 sièges) et les démocrates-chrétiens (PDC, centre, 25 sièges) sont tous en repli.