Chili : Le bilan des émeutes relevé à 18 morts, le président déclare le pays « en guerre »

VIOLENCES Un petit garçon de quatre ans, ainsi qu’un homme, ont péri ce mardi quand un automobiliste ivre a foncé dans un groupe de manifestants

J.-L.D. avec AFP

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Des pompiers interviennent dans un supermarché incendié à Santiago, au Chili, le 20 octobre 2019.
Des pompiers interviennent dans un supermarché incendié à Santiago, au Chili, le 20 octobre 2019. — Esteban Felix/AP/SIPA

Un enfant de quatre ans a été tué, ce mercredi, dans les violences au Chili qui ont fait au total 18 morts depuis le début de l’explosion de colère sociale le 18 octobre, selon un nouveau bilan officiel rendu public.

Le petit garçon ainsi qu’un homme ont péri mardi quand un automobiliste ivre a foncé dans un groupe de manifestants, tandis qu’une autre personne est morte après avoir été frappée par la police, selon sa famille, a annoncé le sous-secrétaire à l’Intérieur Rodrigo Ubilla. Le précédent bilan faisait état de 15 morts.

« Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne »

Le Chili est « en guerre », a affirmé dimanche le président Sebastian Piñera, dont le pays est secoué depuis une semaine par des émeutes et des pillages, la pire explosion sociale depuis des décennies. Pour la deuxième nuit consécutive, une mesure de couvre-feu a été décrétée à Santiago entre 19h et 6h locales. L’état d’urgence est également en vigueur dans plusieurs régions, dont celle la capitale de 7 millions d’habitants. Il a été étendu dimanche soir à plusieurs grandes villes du sud et du nord du pays.

« Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite », a déclaré le président Piñera à la presse. Le général Javier Iturriaga, chargé vendredi de la sécurité publique par le chef de l’Etat, a de son côté appelé les habitants à rester « calmes » et à ne pas sortir de chez eux.

Près de 10.000 policiers et soldats déployés

Les émeutes se sont poursuivies dimanche. Des affrontements ont eu lieu entre manifestants et policiers dans l’après-midi dans le centre de Santiago, tandis que des pillages se déroulaient dans plusieurs endroits de la capitale. Cinq personnes ont ainsi péri dans l’incendie d’une usine de vêtements en proie à des pillages. « Cinq corps ont été retrouvés à l’intérieur de l’usine en raison de l’incendie », dans le nord de la capitale, a annoncé à des médias locaux le commandant des pompiers de Santiago, Diego Velasquez.

Deux personnes étaient déjà mortes dans la nuit de samedi à dimanche dans l’incendie d’un supermarché également pillé par des manifestants dans le sud de la capitale et une troisième avait été blessée, le corps brûlé « à 75 % », selon les autorités. Deux personnes ont également été blessées par balle et hospitalisées dans un état « grave » après un incident avec la police lors de pillages, également dans le sud de la capitale, selon la même source. Près de 10.000 policiers et soldats ont été déployés. Les patrouilles de militaires dans les rues sont une première dans le pays depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). Selon les autorités, 1.462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays.