Chili: Violentes manifestations à Santiago contre l’augmentation des prix du métro

COUT DES TRANSPORTS Le prix des tickets est passé de 800 à 830 pesos (1,04 euro) aux heures de pointe, après une première hausse de 20 pesos en janvier dernier

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants à Santiago le 18 octobre 2019.
Des manifestants à Santiago le 18 octobre 2019. — Esteban Felix/AP/SIPA

La capitale du Chili Santiago a été le théâtre de violents affrontements vendredi entre les forces de l’ordre et des manifestants. Ces derniers voulaient ainsi protester contre l’augmentation des prix des transports. Les troubles ont obligé les autorités à boucler toutes les stations de métro. Le président chilien a ensuite décrété vendredi soir l’état d’urgence dans la capitale. « J’ai nommé le général de division Javier Iturriaga del Campo à la tête de la défense nationale, conformément aux dispositions de notre législation concernant l’état d’urgence », a déclaré Sebastian Pinera dans un message depuis le palais gouvernemental.

Les attaques touchent presque l’intégralité des 164 stations

Avant les fermetures des appels à monter dans les trains sans billet avaient circulé, pour protester contre la hausse des prix des tickets de métro, passés de 800 à 830 pesos (1,04 euro) aux heures de pointe, après déjà une première augmentation de 20 pesos en janvier dernier. « L’ensemble du réseau est fermé en raison des émeutes et des destructions qui empêchent les conditions minimales de sécurité pour les passagers et les travailleurs », a annoncé le gestionnaire du métro, après des attaques contre presque l’intégralité des 164 stations, où beaucoup de barrières et tourniquets ont été détruits.

Des centaines de personnes ont envahi le métro de Santiago le 18 octobre 2019.
Des centaines de personnes ont envahi le métro de Santiago le 18 octobre 2019. - Elvis Gonz·lez/EFE/SIPA

Les dégradations s’élèvent à 630.000 euros

Le métro de Santiago, le plus étendu (140 km) et le plus moderne d’Amérique du Sud, devrait rester clos ce week-end et pourrait rouvrir progressivement la semaine prochaine. Faute de transport, beaucoup d’habitants de Santiago ont ainsi dû rentrer chez eux à pied, parcourant parfois de longues distances, ce qui a provoqué des scènes de chaos et de désespoir. En divers endroits de la ville, des manifestants ont érigé des barricades et se sont heurtés à la police, qui a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes, des scènes de bataille de rue plus vues depuis longtemps dans la capitale chilienne.

Le président Sebastian Pinera a qualifié les manifestants de délinquants. « Ce désir de tout casser n’est pas une protestation, c’est criminel », a-t-il déclaré dans une interview à la radio. Jeudi, 133 personnes avaient été arrêtées pour des dégradations dans les stations de métro, où les dommages se montent selon le gestionnaire à 400 à 500 millions de pesos (630.000 euros).