VIDEO. Offensive turque contre les Kurdes: Washington confiant sur le respect des « engagements »

DIPLOMATIE Depuis le siège de l’Otan, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a voulu croire à la réussite du cessez-le-feu entre les Turcs et les Kurdes

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo (à gauche), avec le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg, le 18 octobre 2019 à Bruxelles.
Le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo (à gauche), avec le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg, le 18 octobre 2019 à Bruxelles. — Kenzo Tribouillard/AP/SIPA

Les Etats-Unis jouent la carte de la confiance. Washington espère que la Turquie d’une part et les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) d’autre part « prendront au sérieux leurs engagements » pour faire cesser le conflit dans le nord de la Syrie, a en effet déclaré vendredi le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo. Il s’exprimait à Bruxelles après une rencontre avec le chef de l’Otan Jens Stoltenberg au siège de l’Alliance.

Un cessez-le-feu très fragile

Interrogé sur l’accord de cessez-le-feu arraché jeudi au président turc Recep Tayyip Erdogan, Mike Pompeo a toutefois reconnu qu’il n’avait pas été « instantanément » mis en œuvre par les belligérants. Il a pointé du doigt des problèmes de « coordination » pour assurer « un retrait sécurisé des combattants des YPG de la zone contrôlée par les Turcs couverte par l’accord ».

Le chef de la diplomatie américaine a en outre rappelé que ces forces kurdes, qualifiées de « terroristes » par Ankara, disposaient encore de « 96 heures », soit quatre jours, jusqu’à mardi soir, pour se retirer des zones frontalières de la Turquie, dans le nord-est de la Syrie. A l’expiration de ce délai, si le retrait n’est pas effectif, l’offensive déclenchée le 9 octobre pourrait reprendre, avait lui-même averti le président Erdogan plus tôt dans la journée.

Mise en place d’une zone de sécurité

L’accord obtenu jeudi soir par le vice-président Mike Pence à Ankara prévoit aussi la mise en place d’une « zone de sécurité » de 32 km de large en territoire syrien. Recep Tayyip Erdogan a répété vendredi que cette zone devrait « s’étendre en longueur sur 444 km » et pas seulement dans les zones dont les forces turques ont déjà pris le contrôle en territoire syrien, à savoir 120 km entre les localités de Tal Abyad et Ras al-Aïn. La Turquie prévoit d’y établir « douze postes d’observation », a-t-il ajouté.

Les espoirs de Mike Pompeo pourraient ne pas passer le week-end. Vendredi, le cessez-le-feu semblait déjà avoir volé en éclats. Des frappes de l’aviation turque et des tirs d’obus des supplétifs syriens de l’armée turque ont provoqué la mort de 14 civils et de huit combattants des forces kurdes dans le village de Bab al-Kheir et ses environs du nord syrien, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).