VIDEO. Espagne: Nouvelle nuit de tensions et de barricades à Barcelone

MANIFESTATIONS Les affrontements interviennent alors qu’une grève générale est prévue vendredi en Catalogne. Une grande manifestation débutera à 15h

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants installent des barricades dans les rues de Barcelone, le 17 octobre 2019.
Des manifestants installent des barricades dans les rues de Barcelone, le 17 octobre 2019. — Emilio Morenatti/AP/SIPA

Barcelone vivait de nouvelles tensions dans la nuit de jeudi à vendredi, au quatrième jour de la mobilisation des indépendantistes catalans contre la condamnation de leurs dirigeants par la justice espagnole. Des centaines de jeunes, criant « Indépendance », ont monté des barricades enflammées dans le centre chic de la grande métropole catalane et lancé des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre qui pour leur part ont tiré des balles en mousse sur les manifestants.

Une mobilisation en soutien aux séparatistes condamnés

Ces nouvelles tensions interviennent alors qu’aujourd’hui s’annonce comme le point d’orgue de la mobilisation contre les lourdes peines de 9 à 13 ans de prison infligées lundi aux leaders séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017. Vendredi, jour de « grève générale » en Catalogne, des « marches de la liberté » parties de toute la région doivent en effet converger à Barcelone pour une grande manifestation prévue à 15h.

Plus tôt dans la soirée jeudi, une manifestation, à l’appel des militants radicaux des Comités de Défense de la République (CDR), avait réuni environ 13.000 personnes après une manifestation étudiante ayant rassemblé 25.000 personnes dans l’après-midi. « Les actions que nous menons depuis plusieurs jours sont dues à l’impuissance que nous ressentons car l’Etat espagnol persiste dans son refus (de l’indépendance) et ses menaces et l’Europe dans son silence », a expliqué David, comptable de 23 ans qui n’a pas donné son nom de famille.

Les violences sont un tournant

Nées de la frustration d’une partie de la base indépendantiste, deux ans après l’échec de la tentative de sécession de 2017, ces violences marquent un tournant pour le mouvement séparatiste qui s’est toujours targué d’être non-violent. « Il peut y avoir des (manifestants) antisystème ou des gens qui en ont marre de voir que tout est fermé, des jeunes qui se laissent emporter mais les Catalans ne veulent pas suivre cette voie de la violence », a assuré Julio Martinez, préretraité de 63 ans, qui manifestait en début de soirée.

Le président indépendantiste catalan Quim Torra, qui a fini par condamner les violences mercredi soir, a tenu un discours de défi à l’Etat espagnol devant le parlement régional. « Nous ne pouvons pas nous permettre de faire un pas en arrière dans la défense inaliénable de notre droit à l’autodétermination. La peur et les menaces ne nous vaincront pas », a-t-il lancé en promettant de parvenir à l’indépendance d’ici deux ans.

En prévision des perturbations de vendredi dans cette riche région industrielle, le constructeur automobile Seat a mis à l’arrêt son usine de Martorell, près de Barcelone, tandis que la fédération des transporteurs a recommandé à ses adhérents d’avancer leurs livraisons ou de chercher des routes alternatives.