Russie : Deux jeunes accusés d'« extrémisme » se tranchent les veines au tribunal

PROCES Les deux jeunes garçons sont soupçonnés d’avoir appartenu à une organisation dont l’objectif était de « rendre à la Russie son ancienne grandeur »

20 Minutes avec AFP

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Illustration du métro de Moscou, en Russie.
Illustration du métro de Moscou, en Russie. — Vit Simanek/AP/SIPA

Après le rejet de l’appel de leur détention provisoire, deux jeunes Russes, accusés d'« extrémisme » dans une affaire controversée, se sont tranché les veines ce jeudi en pleine salle d’audience du tribunal.

« L’un d’entre eux a été emmené à l’hôpital. Il y avait du sang partout », a déclaré Maxime Pachkov, l’avocat de l’un des accusés dans cette affaire médiatisée, qui implique au total une dizaine de personnes.

Une affaire montée de toutes pièces par les autorités russes, selon les avocats

Selon le service de presse du tribunal, cité par l’agence Interfax, les deux hommes se sont infligé des blessures aux bras, et au cou pour l’un d’entre eux, avec une lame de rasoir alors qu’ils se trouvaient dans le box des accusés. Ils sont accusés d’appartenance à une « organisation extrémiste », un concept fourre-tout en droit russe qui permet aux autorités de lutter à la fois contre des mouvements d’opposition, des groupes racistes ou religieux.

Des organisations de défense des droits humains et des journalistes ont dénoncé une affaire montée selon elles de toutes pièces par les services de sécurité russes, qui avaient « infiltré » l’organisation, dont l’objectif était de « rendre à la Russie son ancienne grandeur ».

Une « simple » contestation de l’état actuel de la Russie

Les accusés, pour la plupart très jeunes voire adolescents au moment des faits, affirment pour leur part que les agents infiltrés ont participé eux-mêmes à la formation de cette organisation en rédigeant des textes fondateurs et en finançant des entraînements de tir. Selon la défense, les personnes arrêtées se plaignaient simplement de l’état actuel de la Russie, sans réelle volonté d’agir.

Cette affaire a été brandie comme un symbole de la multiplication des poursuites judiciaires pour des publications jugées « extrémistes » sur les réseaux sociaux en Russie, contre des internautes parfois très jeunes. Elle a donné lieu en août 2018 à des manifestations de soutien.