Offensive turque contre les Kurdes : Les autorités kurdes réclament un « couloir humanitaire » pour évacuer les civils

SYRIE L’appel est adressé à la coalition internationale emmenée par Washington, mais aussi à la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad

20 Minutes avec AFP

— 

Des civils fuient la ville de Akcakale, près de la frontière turque avec la Syrie, le 13 octobre 2019.
Des civils fuient la ville de Akcakale, près de la frontière turque avec la Syrie, le 13 octobre 2019. — BULENT KILIC / AFP

Pour évacuer les civils et les « blessés » de la ville de Ras al-Aïn, encerclée par les forces turques qui ont lancé une offensive aux forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, ces dernières ont réclamé, ce jeudi, un « couloir humanitaire ».

Jeudi, l’armée turque et ses supplétifs syriens ont avancé dans Ras al-Aïn dans le cadre de l’offensive lancée le 9 octobre contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), d’après l’OSDH.

Les « convois médicaux sont la cible de bombardements systématiques »

Des bombardements ont touché et endommagé un hôpital de cette ville située près de la frontière turque, selon les forces kurdes et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). « Le personnel médical est encerclé dans l’établissement », a indiqué l’Observatoire. « De nombreux civils se trouvent encerclés dans la ville », a rapporté dans un communiqué l’administration semi-autonome kurde, affirmant que les « convois médicaux sont la cible de bombardements systématiques ».

Elle réclame une intervention de la communauté internationale pour « ouvrir un couloir humanitaire sécurisé afin d’évacuer » les civils et les blessés civils. L’appel est adressé à la coalition internationale emmenée par Washington, partenaire des forces kurdes dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), mais aussi à la Russie, allié du régime de Bachar al-Assad.

Plus de 70 morts du côté des civils

Lâchés par Washington qui a retiré ses troupes du nord syrien, les combattants kurdes ont perdu une longue bande frontalière de 120 km depuis le 9 octobre, et appelé à la rescousse le régime syrien qui a déployé des troupes dans plusieurs secteurs notamment au sud de Ras al-Aïn. Selon lui, les forces kurdes se trouvent notamment dans l’hôpital et dans le stade de Ras al-Aïn.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG, opposent une résistance acharnée à Ras al-Aïn, grâce à un réseau de tunnels, tranchées et remblais. L'offensive turque a fait depuis le 9 octobre au moins 72 morts parmi les civils et 203 parmi les combattants des FDS, selon un dernier bilan de l’OSDH. La Turquie a fait état de la mort de six soldats turcs en Syrie et de 20 civils tués dans les villes frontalières selon elle par des tirs des combattants kurdes syriens. En outre, 171 membres des forces supplétives syriennes ont été tués, selon l’OSDH.