Offensive turque contre les Kurdes : Mike Pence à Ankara pour tenter d’arracher un cessez-le-feu

SYRIE Pour que l’offensive prenne fin, il faudrait que les forces kurdes désarment et s’éloignent de la frontière turque, a déclaré, de son côté, le président turc, Recep Tayyip Erdogan

Manon Aublanc
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Mike Pence à Londres le 5 septembre 2019.
Mike Pence à Londres le 5 septembre 2019. — Alberto Pezzali/AP/SIPA

Dix jours après le lancement de l’offensive turque contre les Kurdes en Syrie, le vice-président américain Mike Pence est arrivé, ce jeudi à Ankara, pour tenter d’arracher au président turc Recep Tayyip Erdogan un cessez-le-feu.

Mike Pence, ainsi que Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat américain, sont arrivés dans la capitale turque, ce jeudi matin, pour rencontrer Recep Tayyip Erdogan​ à 11h30.

Les Etats-Unis réclament la fin de l’offensive

Le président américain Donald Trump a paru donner son feu vert à cette offensive déclenchée le 9 octobre contre les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) avant d’exhorter Ankara à y mettre fin devant le tollé qu’elle a suscité dans les pays occidentaux, y compris dans les rangs du Parti républicain aux Etats-Unis.

Les Occidentaux soutiennent en effet les YPG pour le rôle de premier plan qu’elles jouent dans la lutte contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), mais Ankara les qualifie de « terroristes » en raison de leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

« Si la Turquie va en Syrie, c’est une affaire entre la Turquie et la Syrie, ce n’est pas notre problème »

« Notre mission est de voir si nous pouvons obtenir un cessez-le-feu, voir si nous pouvons négocier », a affirmé Mike Pompeo à la presse avant de monter à bord de son avion. Donald Trump a néanmoins brouillé les signaux en déclarant mercredi, avant le départ de Mike Pence et Mike Pompeo, que « si la Turquie va en Syrie, c’est une affaire entre la Turquie et la Syrie, ce n’est pas notre problème ». « Les Kurdes ne sont pas des anges », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne une trêve, Recep Tayyip Erdogan a d’ores et déjà exclu de « s’asseoir à la table des terroristes », en parlant des YPG, et soutenu que, pour que l’offensive prenne fin, il faudrait que les forces kurdes désarment et s’éloignent de la frontière turque.