VIDEO. Brexit : « Deal » ou « no deal », comment les ports français vont-ils gérer les flux de marchandises ?

COMMERCE Juste avant qu’un accord ne soit trouvé, un test grandeur nature a eu lieu ce jeudi matin à la gare maritime de Saint-Malo

Jérôme Gicquel

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Plusieurs milliers de camions transitent chaque année par le port de Saint-Malo.
Plusieurs milliers de camions transitent chaque année par le port de Saint-Malo. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Un accord vient d’être trouvé pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.
  • Une fois le divorce acté, le Brexit aura des conséquences sur le commerce des marchandises des deux côtés de la Manche.
  • Les transporteurs seront soumis à des formalités douanières et des contrôles sanitaires auront lieu à bord des camions.

Après l'accord trouvé jeudi entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne, le Brexit n'a jamais été aussi proche. Depuis de longs mois, les autorités se préparent à ce divorce. Le scénario du « no deal », une sortie de l'Europe sans accord économique au préalable, a même été testé ces derniers jours dans les ports de la Manche où transitent chaque année plus de 5 millions de camions par an. C’était le cas ce jeudi matin à Saint-Malo où une répétition grandeur nature du dispositif avait lieu, juste avant que Jean-Claude Juncker n’annonce qu’un accord avait été trouvé.

Mais accord ou pas - il doit encore être voté par l'UE et le parlement britannique - le Brexit aura des conséquences économiques des deux côtés de la Manche, à commencer par le transport des marchandises. « Une fois sorti de l’Europe, le Royaume-Uni va devenir un pays tiers et ses frontières physiques seront rétablies avec les pays de l’Union », explique Pascale Buronfosse-Djaï, la directrice des douanes en Bretagne. Cela signifie que les marchandises ne pourront plus circuler librement, comme c’est le cas actuellement, et seront soumises à des contrôles.

Une « frontière intelligente » pour fluidifier le trafic

Pour éviter la grosse pagaille et fluidifier au mieux le passage des marchandises, les autorités comptent sur leur dispositif dit de « frontière intelligente ». Avant que les camions n’embarquent, les transporteurs devront désormais déclarer leurs marchandises en amont auprès des douanes. Le dossier sera alors étudié le temps de la traversée afin de faire gagner du temps au chauffeur à son arrivée.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de ralentir le trafic, souligne Jean-Marc Roué, le président de la Britanny Ferries. Si le temps d’escale des navires est allongé, nous risquons de supprimer des traversées et c’est tout le modèle économique des compagnies qui serait alors fragilisé ».

Formalités douanières et contrôles sanitaires

Si la marchandise dans le camion est conforme à la déclaration, le chauffeur n’aura plus qu’à se plier au contrôle d’immigration, comme c’est déjà le cas, et tracer sa route. Mais d’autres devront passer par un contrôle sanitaire ou douanier à leur arrivée. « Cela va être une perte de temps et d’argent pour les entreprises. Mais on s’y est préparé », indique Jonathan, un chauffeur qui assure la liaison transmanche plusieurs fois par semaine.

Avec le Brexit, les chauffeurs vont désormais devoir se plier à des contrôles douaniers et sanitaires.
Avec le Brexit, les chauffeurs vont désormais devoir se plier à des contrôles douaniers et sanitaires. - J. Gicquel / 20 Minutes

Tout le monde n’a pas été aussi prévoyant à entendre Emmanuel Thaunier, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Ille-et-Vilaine. « Beaucoup de chefs d’entreprise n’ont pas l’habitude de ces formalités douanières et vont se retrouver au pied du mur », assure-t-il. L’économie bretonne pourrait alors pâtir sérieusement de ce divorce avec le voisin britannique avec lequel il a toujours entretenu des liens privilégiés.