Offensive turque contre les Kurdes : Les Kurdes « ne sont pas des anges », selon Trump, qui juge sa stratégie « brillante »

GEOPOLITIQUE Le président américain a nié avoir donné son feu vert à l'offensive turque, alors que Mike Pence doit rencontrer Erdogan jeudi

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump le 16 octobre 2019 à la Maison Blanche.
Donald Trump le 16 octobre 2019 à la Maison Blanche. — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Il défend sa stratégie. Le président américain Donald Trump a estimé mercredi que les Kurdes, contre lesquels Ankara a lancé une offensive dans le nord de la Syrie depuis le retrait des troupes américaines, n’étaient « pas des anges ».

« Ce ne sont pas des anges, ce ne sont pas des anges », a déclaré depuis la Maison Blanche le milliardaire républicain, accusé par de nombreuses voix aux Etats-Unis d’avoir abandonné les Kurdes. « Le PKK, qui fait partie des Kurdes, comme vous le savez, est probablement pire en termes de terrorisme et une plus grande menace terroriste en bien des aspects que Daesh », a déclaré le président américain lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche.

La Turquie a lancé la semaine dernière une offensive dans le nord de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), soutenue par les pays occidentaux mais qualifiée de « terroriste » par Ankara. « Les Kurdes sont plus en sécurité aujourd’hui », a affirmé Donald Trump. « Les Kurdes savent se battre », a-t-il ajouté. « Ils se sont battus avec nous, nous avons payé beaucoup d’argent pour qu’ils se battent avec nous et c’est OK », a-t-il encore dit.

Stratégie « brillante »

Le locataire de la Maison Blanche a par ailleurs une nouvelle fois défendu sa décision de retirer les soldats américains stationnés dans le nord-est de la Syrie. « Si la Turquie pénètre en Syrie, c’est une affaire entre la Turquie et la Syrie, ce n’est pas une affaire entre la Turquie et les Etats-Unis comme beaucoup de gens stupides voudraient vous le faire croire », a-t-il martelé quelques heures avant le départ de son vice-président Mike Pence, qui doit rencontrer le président Recep Tayyip Erdogan en Turquie avec la volonté affichée d’obtenir un cessez-le-feu immédiat.

« Il y a beaucoup de pays là-bas qui détestent Daesh autant que nous, parfois plus », a-t-il martelé, estimant que ces derniers devaient prendre le relais des Etats-Unis. « La Syrie peut avoir l’aide de la Russie, ce n’est pas un problème. Il y a beaucoup de sable là-bas, il y a beaucoup de sable avec lequel ils peuvent s’amuser », a-t-il ironisé. « Nous sommes dans une position stratégique très bonne » a-t-il ajouté. « C’est brillant d’un point de vue stratégique », a-t-il insisté, soulignant que tous les soldats américains avaient été retirés de la zone. « Nous aiderons à négocier », a-t-il ajouté. « Nous voulons que les guerres cessent, d’un point de vue humanitaire. »

Trump a cependant estimé qu’il n’avait en rien donné à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan son accord pour une offensive militaire, comme le lui reprochent de nombreux critiques au sein même de son camp. « Je ne lui ai pas donné de feu vert. Quand vous dites ça, c’est très trompeur », a-t-il affirmé. « C’était l’inverse d’un feu vert. D’abord, nous n’avions quasiment pas de soldats là-bas. Ils étaient partis pour la plupart. »

Pence attendu jeudi en Turquie

Le sénateur républicain Lindsey Graham, un soutien de poids de Donald Trump au Congrès, a vertement critiqué ces déclarations, estimant qu’elles « coupaient l’herbe sous le pied » de Mike Pence avant son déplacement. « Au président Trump : c’est maintenant le moment pour vous d’agir comme Ronald Reagan, et non Obama. Il faut vous améliorer », a-t-il mis en garde.

Mike Pence, qui doit rencontrer le président Recep Tayyip Erdogan, a expliqué en début de semaine qu’il se rendrait sur place pour demander à Ankara de « mettre fin à l’invasion » en Syrie et de décréter un « cessez-le-feu immédiat ».