Offensive turque contre les Kurdes : L’ONU s’inquiète du « risque de dispersion » des prisonniers djihadistes

SYRIE Le texte adopté, ce mercredi, par le Conseil de sécurité ne contient ni condamnation de l’offensive turque, ni demande d’arrêt des opérations de l’armée turque

20 Minutes avec AFP

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Le Conseil de sécurité de ONU à New York le 13 juillet 2011
Le Conseil de sécurité de ONU à New York le 13 juillet 2011 — Stan Honda AFP

Dix jours après le lancement de l’offensive militaire turque contre les Kurdes dans le nord-est de la Syrie, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est inquiété, ce mercredi, « du risque de dispersion » des djihadistes retenus prisonniers dans le pays. En revanche, l’organisation n’a pas réclamé la fin de l’opération turque.

Les 15 membres du Conseil, dont la Russie, l’un des acteurs majeurs dans le conflit opposant Turcs aux Kurdes, ont aussi fait part de leur « grande préoccupation » face à l’éventualité d’une « détérioration accrue de la situation humanitaire » dans le nord-est de la Syrie. « On est tous d’accord » sur le danger d’une reconstitution du groupe Etat islamique, a résumé un ambassadeur occidental sous couvert d’anonymat.

Des propositions européennes bloquées par la Russie et la Chine la semaine dernière

Proposé par la France, le texte, ultracourt, adopté par le Conseil de sécurité à l’issue d’une réunion demandée par les Européens ne contient ni condamnation de l’offensive turque, ni demande d’arrêt des opérations de l’armée turque.

En fin de semaine dernière, à l’issue d’une première réunion sur la Syrie, des textes concurrents, d’une part des membres européens du Conseil (Allemagne, Belgique, France, Royaume-Uni et Pologne) et d’autre part des Etats-Unis, réclamant un arrêt de l’offensive turque, avaient été bloqués par la Russie et la Chine.

Près de 160.000 civils déplacés depuis le début de l’offensive

Depuis, Européens et Américains ont amélioré leur coordination, a assuré une source diplomatique occidentale sous couvert d’anonymat.

L’offensive turque dans le nord-est de la Syrie a provoqué le déplacement de plus de 160.000 civils selon l’ONU et le retrait, par mesure de sécurité, de plusieurs ONG apportant de l’aide humanitaire à une population éprouvée par la guerre déclenchée en 2011 et qui a fait plus de 370.000 morts.