Eglise pillée, rumeur de décès d'enfants... Le vrai du faux sur la crise en Equateur

FAKE OFF Après douze jours de manifestations, le président du pays a retiré un décret controversé. La contestation a fait l’objet de rumeurs. « 20 Minutes » trie le vrai du faux

Mathilde Cousin

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Quito, la capitale de l'Equateur, a été le théâtre de manifestations pendant douze jours.
Quito, la capitale de l'Equateur, a été le théâtre de manifestations pendant douze jours. — Fernando Vergara/AP/SIPA
  • Lundi, Lenin Moreno, le président équatorien, a retiré un décret qui augmentait le prix du carburant.
  • Le pays vient de connaître douze jours de manifestations pour protester contre cette mesure.
  • La contestation a fait l’objet de rumeurs. « 20 Minutes » trie le vrai du faux.

Le prix des carburants est revenu ce mercredi à son niveau d’avant la crise. Pendant douze jours, l’Equateur a été traversé par une importante contestation sociale, après la décision du président Lenin Moreno de publier un décret supprimant les subventions publiques pour les carburants. Cette décision est la conséquence d’un accord signé avec le FMI pour un prêt de 4,2 milliards de dollars. Le chef de l’Etat est revenu lundi sur son décret.

La mobilisation a fait huit morts et 1.240 blessés, selon le Défenseur du peuple, cité par l’AFP. Elle a été propice à la confusion sur les réseaux sociaux, avec la diffusion de rumeurs ou de vidéos. 20 Minutes trie le vrai du faux.

30 enfants morts ? L’hôpital dément

La rumeur de la mort de 30 enfants s’est répandue à partir du 12 octobre sur les réseaux sociaux. Selon le message qui a circulé, les médecins de l’hôpital Eugenio Espejo, à Quito, n’avaient pas le droit de parler de la mort de ces enfants.

Le 13 octobre, l’hôpital a démenti la rumeur, précisant que les enfants n’y sont plus pris en charge « depuis plusieurs années ».

Non, des manifestants n’ont pas envahi la résidence officielle du président

La vidéo montre des manifestants, dont certains brandissent le drapeau du pays, envahir un bâtiment à l’allure officielle. Elle aurait été filmée au sein du palais du gouvernement, siège du gouvernement équatorien et résidence officielle du chef de l’Etat, affirme le compte Twitter Prensa Bananera. Les images ont été vues plus de 30.000 fois et reprises sur d’autres comptes avec la même légende erronée.

La vidéo n’a pas été tournée dans ce palais, contrairement à ce que soutient Prensa Bananera, mais dans le gouvernorat (sorte de préfecture) de la province de Cañar, dans le centre du pays.

Elles datent du 9 octobre. Ce jour-là, des manifestants, près de 7.000 d'après la presse équatorienne, se sont d’abord rassemblés pacifiquement avant d’envahir le bâtiment. Des fenêtres brisées sont à déplorer. Les manifestants ont ensuite évacué le bâtiment. Le gouverneur a annoncé avoir porté plainte.

Des photos et vidéos de l’envahissement prouvent qu’il s’agit bien du même bâtiment que celui que l’on voit dans la vidéo.

La veille, des manifestants avaient occupé pendant une heure le siège de l’Assemblée nationale

Un élu dément le pillage d’une église

« Un groupe vient de s’introduire dans l’église San Francisco et ils sont en train de la piller », s’est inquiété le 12 octobre Andrés Páez, un universitaire membre d’un parti libéral.

L’annonce a suscité l’inquiétude sur les réseaux sociaux. Elle a été démentie par un élu de Quito, qui a annoncé que la police n’y a rien trouvé « de neuf ».

L’universitaire a présenté ses excuses et reconnu s’être trompé.

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