Offensive contre les Kurdes : La Turquie ne « déclarera jamais de cessez-le-feu » sans avoir atteint ses objectifs, affirme Erdogan

DIPLOMATIE Le vice-président américain Mike Pence rencontrera jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan avec l’objectif affiché d’obtenir un « cessez-le-feu immédiat » dans le nord de la Syrie

20 Minutes avec AFP

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Le vice-président des Etats-Unis Mike Pence
Le vice-président des Etats-Unis Mike Pence — Jacquelyn Martin/AP/SIPA

Le vice-président américain Mike Pence rencontrera, jeudi à Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan avec l’objectif affiché d’obtenir un « cessez-le-feu immédiat » dans le nord de la Syrie où la Turquie a lancé une offensive militaire visant les forces kurdes. Une éventualité fermement écartée par le dirigeant turc.

«Ils nous disent de "déclarer un cessez-le-feu". Nous ne pourrons jamais déclarer un cessez-le-feu» tant que la Turquie n'aura pas chassé «l'organisation terroriste» de la frontière, a déclaré le président Erdogan à des journalistes dans l'avion qui le ramenait d'Azerbaïdjan. «Ils exercent des pressions sur nous pour que nous arrêtions l'opération. Nous avons un objectif clair. Nous ne sommes pas préoccupés par les sanctions», a-t-il encore affirmé, six jours après que la Turquie a lancé son offensive pour éloigner de sa frontière les Kurdes de la milice des Unités de protection du peuple (YPG).

Les sanctions économiques punitives contre la Turquie maintenues

Mike Pence sera accompagné en Turquie de Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, Robert O’Brien, conseiller à la sécurité nationale, et James Jeffrey, émissaire américain pour la Syrie, a précisé la Maison Blanche mardi.

Le vice-président « réaffirmera l’engagement de Donald Trump à maintenir les sanctions économiques punitives visant la Turquie tant qu’une solution n’aura pas été trouvée », a souligné l’exécutif américain.

« Nous demandons un cessez-le-feu », a martelé le président des Etats-Unis qui avait appelé lundi, lors d’un échange téléphonique, Erdogan à mettre fin à son offensive militaire en Syrie. 

Les forces du régime de Bachar al-Assad ont commencé à se déployer mardi dans certains secteurs du nord de la Syrie qui échappaient à leur contrôle, à la faveur d’un accord conclu avec les autorités kurdes visant à contenir l’offensive turque.

Bien que considérées comme « terroristes » par Ankara, les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) sont des alliées de l’Occident dans la lutte contre les djihadistes de l’organisation de l’Etat islamique, d’où le tollé international suscité par l’offensive turque.