Pologne : Les conservateurs remportent les élections législatives avec 45 % des voix

ELECTIONS Le parti Droit et Justice obtient la majorité des voix selon des résultats quasi définitifs

O. G. avec AFP

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Jaroslaw Kaczynski, l'homme fort de la Pologne.
Jaroslaw Kaczynski, l'homme fort de la Pologne. — Czarek Sokolowski/AP/SIPA

Les conservateurs nationalistes au pouvoir en Pologne remportent les élections législatives, obtenant 45,16 % des voix, selon les résultats officiels portant sur 82,79 % des circonscriptions, publiés lundi matin.

Le parti Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski obtient ainsi la majorité absolue pour un nouveau mandat de quatre ans et pourra poursuivre son programme de réformes souvent controversées. La principale formation d’opposition, la Coalition civique (KO, centriste), arrive loin derrière avec 26,10 % des voix.

Pour une politologue de l’Université de Varsovie, Ewa Marciniak, cette nouvelle Diète, avec la gauche et l’extrême droite représenterait mieux tous les milieux de la société. « Avec beaucoup de jeunes nouveaux et courageux, sans respect pour les anciens, ce sera une Diète plus nette, plus animée, plus intéressante ».

Le PiS en place depuis 2015

En place depuis 2015, le PiS a cherché à mobiliser les couches défavorisées, et notamment celles des campagnes, en s’érigeant en défenseur des valeurs familiales face à « l’idéologie LGBT » et surtout en promettant une nouvelle allocation familiale, la baisse des impôts et la hausse du salaire minimum, mesures qu’autorisent les très bonnes performances de l’économie polonaise.

Son chef, Jaroslaw Kaczynski a clivé la société en attaquant les minorités sexuelles et les élites, et en rejetant les valeurs libérales occidentales, avec la bénédiction tacite de l’influente Eglise catholique.

En face, l’opposition de la Coalition civique (KO) s’appuie sur les habitants des grandes villes irrités par les réformes controversées du PiS, dont celles du système judiciaire, et par la transformation des médias publics en instruments de propagande gouvernementale. Elle avait promis d’annuler les réformes judiciaires du PiS qui, selon Bruxelles, menacent l’indépendance de la justice et l’Etat de droit.