Algérie : Des manifestants dans la rue contre une loi sur les hydrocarbures

PETROLE Pour les Algériens, cette loi revient à vendre le pays aux multinationales étrangères

J.-L.D. avec AFP

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Des manifestants algériens
Des manifestants algériens — RYAD KRAMDI / AFP

Plus d’un millier de personnes ont manifesté ce dimanche à Alger contre une loi sur les hydrocarbures devant être examinée dans la journée par le Conseil des ministres, estimant qu’elle revient à brader le pays aux multinationales étrangères.

L’Algérie est secouée depuis le 22 février par un puissant mouvement de contestation qui a poussé Abdelaziz Bouteflika à la démission en avril, après 20 ans à la tête de l’Etat, et se poursuit avec des manifestations chaque mardi et vendredi, en réclamant le départ de l’ensemble du « système ».

« Vous avez vendu le pays »

Ce dimanche, c’est un projet de loi sur les hydrocarbures qui a fait descendre dans la rue les citoyens de ce pays riche en pétrole. « Traîtres, vous avez vendu le pays », « la loi sur les hydrocarbures à la poubelle », « le peuple refuse cette loi », ont scandé les manifestants, regroupés non loin de la Chambre basse du Parlement, dont les accès ont été bloqués par des fourgons de police et des policiers antiémeutes.

Vivement discuté dans les médias depuis plusieurs semaines, le contenu du projet de loi n’a pas encore fait l’objet d’une publication officielle. La semaine dernière, le ministre algérien de l’Energie, Mohamed Arkab, cité par l’agence officielle APS, a évoqué des discussions avec des « grandes compagnies ». Lors de ces échanges, « nous avons pu relever deux aspects à améliorer dans l’actuelle loi sur les hydrocarbures », a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.

A qui appartiendra le pétrole ?

L’Algérie produit 1,2 million de barils par jour. Les hydrocarbures représentent plus de 95 % de ses recettes extérieures et contribuent pour 60 % au budget de l’Etat. « L’Etat va donner au concessionnaire une parcelle de terrain sur laquelle tout ce qu’il y découvrira, lui appartiendra », explique le consultant Hocine Malti, ancien vice-président du groupe pétrolier public Sonatrach. Le concessionnaire « deviendra donc propriétaire des réserves que contient le gisement et non pas des quantités produites uniquement », explique-t-il.

Ali Kefaifi, ancien responsable au sein ministère de l’Energie, abonde dans le même sens : la société étrangère pourra considérer le pétrole comme sa propriété. Et « le remboursement des coûts et le partage des profits seront sous le contrôle direct de la société pétrolière concessionnaire », assure-t-il. Des manifestations ont aussi eu lieu dans d’autres villes du pays, selon les médias algériens.