Pologne : Les conservateurs favoris des élections législatives de ce dimanche

DROITE DE LA DROITE A l’issue d’une campagne axée contre les minorités, notamment contre les personnes LGBT, la droite conservatrice polonaise est légèrement favorite

20 Minutes avec AFP

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Jaroslaw Kaczynski, l'homme fort de la Pologne.
Jaroslaw Kaczynski, l'homme fort de la Pologne. — Czarek Sokolowski/AP/SIPA

Les Polonais ont commencé à voter dimanche aux élections législatives, que les populistes au pouvoir devraient remporter grâce à leur programme social très populaire. Mais il n’est pas sûr qu’ils gardent la majorité absolue, ce qui laisse une petite chance à l’opposition, si elle parvient à s’unir. Les Polonais doivent élire leurs 460 députés et 100 sénateurs pour un mandat de quatre ans. Ouverts à 7 heures du matin (locale), les bureaux de vote doivent fermer à 21h00.

Les principaux leaders sont Jaroslaw Kaczynski, chef des conservateurs de Droit et Justice, au pouvoir, et Malgorzata Kidawa-Blonska, de la Coalition Civique (centriste, opposition). L’opposition a reçu un soutien de dernière minute de la femme de lettres Olga Tokarczuk, qui venait de recevoir jeudi le Prix Nobel de littérature. Parlant aux médias, elle a appelé les Polonais à choisir « entre la démocratie et l’autoritarisme » lors de ces élections, qu’elle juge « les plus importantes » depuis la chute du communisme en 1989.

Un pouvoir réactionnaire

En place depuis 2015, le parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), conduit par Jaroslaw Kaczynski, a cherché à mobiliser les couches défavorisées des campagnes en s’érigeant en défenseur des valeurs familiales face à « l’idéologie LGBT » et surtout en promettant une nouvelle allocation familiale, la baisse des impôts et la hausse du salaire minimum. Considéré comme l’homme politique le plus influent de Pologne, Kaczynski a clivé la société en attaquant les minorités sexuelles et en rejetant les valeurs libérales occidentales, avec la bénédiction tacite de l’influente Eglise catholique.

En politique étrangère, Kaczynski fait partie, aux côtés du Hongrois Viktor Orban, des dirigeants populistes européens prônant une Europe des nations et refusant l’évolution fédéraliste encouragée par Berlin et Paris.

L’opposition mise sur les grandes villes

En face, l’opposition centriste de la Coalition civique (KO) s’appuie sur les habitants des grandes villes irrités par les réformes controversées du PiS, dont celles du système judiciaire, et par la transformation des médias publics en instruments de propagande gouvernementale. Une coalition de gauche, qui condamne la campagne anti-LGBT du PiS et son alliance avec l’épiscopat mais approuve son programme social, devrait retrouver les bancs du parlement après une absence de quatre ans.

Malgorzata Kidawa-Blonska, ancienne vice-présidente du parlement, est la candidate au poste de Premier ministre pour la Coalition civique. Elle cherche à se démarquer de la rhétorique combative du PiS et respire le calme. « Le président Kaczynski sème la division entre les gens… Protégeons la Pologne contre de telles divisions, contre la haine », a-t-elle dit à ses partisans cette semaine. Elle a promis d’annuler les réformes judiciaires du PiS dont la Commission européenne dit qu’elles menacent l’indépendance de la justice et l’Etat de droit. Mais l’opposition ne propose pas grand-chose en termes de programme positif.

Deux enquêtes d’opinion publiées vendredi ont suggéré que le PiS n’était pas tout à fait assuré de garder la majorité absolue. Elles ont crédité ce parti de 40 % et de 41,7 % contre 41,4 % et 45 % pour le total des voix des trois principaux partis d’opposition. « La participation décidera si le PiS pourra gouverner tout seul, s’il devra bâtir une coalition, voire même s’il peut perdre sa majorité », a dit une politologue de l’Université de Varsovie Anna Materska-Sosnowska.