Burkina Faso: Une attaque fait 16 morts dans une mosquée

TERRORISME Le lendemain, un millier de personnes ont manifesté à Ouagadougou contre le terrorisme et pour dénoncer la présence de forces armées étrangères

20 Minutes avec AFP

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Des forces militaires du Burkina Faso à Ouagadougou, le 2 mars 2019 (illustration).
Des forces militaires du Burkina Faso à Ouagadougou, le 2 mars 2019 (illustration). — AFP

Une attaque contre des fidèles qui priaient vendredi soir dans une mosquée a fait au moins 16 morts dans le nord du Burkina Faso. Ce drame démontre une fois de plus la faiblesse des forces de défense du pays alors qu’un millier de personnes se sont rassemblées samedi contre le terrorisme et pour dénoncer la présence de forces armées étrangères dans le pays.

Une tuerie pas encore revendiquée

« Des individus armés ont attaqué la grande mosquée de Salmossi (à une vingtaine de km de Gorom-Gorom, une des grandes villes du Nord) entre 19h00 et 20h00 (2h de plus en France), faisant au moins 16 morts », a déclaré une source sécuritaire. « 13 personnes sont mortes au cours de l’attaque et 3 autres ont succombé quelques heures après », a-t-elle ajouté. « Deux autres blessés sont dans un état critique ». « Les victimes sont tous des musulmans qui étaient en prière au sein de la grande mosquée », selon un habitant de Gorom-Gorom. « Depuis ce matin (samedi), les populations ont commencé à fuir la localité », a-t-il précisé, évoquant un « climat de panique malgré le renfort militaire qui a été déployé » après l’attaque.

Cette tuerie n’a pas encore été revendiquée, mais des mosquées et des imams ont par le passé été la cible d’attaques attribuées aux djihadistes par les autorités. Depuis début 2015, les attaques djihadistes, en particulier dans le Nord et l’Est, ont fait plus de 600 morts. Les forces de défense et de sécurité burkinabées, mal entraînées, mal équipées et mal encadrées, se sont montrées incapables d’inverser une tendance de plus en plus meurtrière avec quasiment une attaque par jour.

La population manifeste contre le terrorisme

La population ne reste désormais plus fataliste. Dans la capitale, Ouagadougou, un millier de personnes se sont rassemblées samedi pour « dénoncer le terrorisme et la présence de bases militaires étrangères en Afrique » à l’appel d’une dizaine d’organisations de la société civile à l’occasion des « journées anti-impérialistes ». « Armée française hors du Burkina Faso » et « forces étrangères hors d’Afrique », ont scandé les participants réunis à la Bourse du Travail en raison d’une interdiction de manifester en ville.

Les armées étrangères montrées du doigt

« Le terrorisme est devenu le prétexte idéal pour l’installation de bases militaires étrangères dans nos pays. Les armées française, américaine, canadienne, allemande et autres ont pris pied dans la sous-région pour, disent-elles, combattre le terrorisme. Malgré cette présence massive des plus grandes armées du monde, les groupes terroristes continuent à sévir et montent même en puissance », a lancé le porte-parole des organisations civiles, Gabin Korbéogo. « Il faut donc se méfier de ces pyromanes nocturnes qui, dès le lever du jour, se transforment subitement en pompiers », a ajouté M. Korbéogo. « Ces puissances étrangères utilisent le terrorisme pour (…) contrôler les immenses richesses de la région ».

« Les bases militaires étrangères sont la perpétuation des politiques impérialistes », a pour sa part affirmé le président du mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), Chrisogone Zougloré. Dans le pays, la France est présente avec 200 hommes des Forces spéciales à Kamboinsin (banlieue de Ouagadougou) mais intervient régulièrement dans le pays au titre de la force Barkhane (4.500 hommes au Sahel).