Offensive turque contre les Kurdes : Violents combats après l’entrée des forces d’Ankara dans un bastion kurde en Syrie

CONFLIT Voisine de la Syrie en guerre, la Turquie veut chasser des secteurs frontaliers la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), qu’elle qualifie de « terroriste »

20 Minutes avec AFP

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De la fumée s'élève à la frontière entre la Turquie et la Syrie, le 10 octobre 2019, au second jour de l'offensive d'Ankara contre les Kurdes.
De la fumée s'élève à la frontière entre la Turquie et la Syrie, le 10 octobre 2019, au second jour de l'offensive d'Ankara contre les Kurdes. — Lefteris Pitarakis/AP/SIPA

Les forces turques et leurs supplétifs syriens sont entrés, ce samedi, dans une ville clé kurde du nord de la Syrie à la faveur de violents bombardements. A Ankara, le ministère de la Défense a affirmé que les forces turques avaient capturé Ras al-Aïn, ville frontalière de la Turquie. Mais les forces kurdes ont démenti et, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) et un correspondant de l’AFP sur place, les forces turques et leurs alliés y sont entrés mais les combats se poursuivent.

Voisine de la Syrie en guerre, la Turquie veut chasser des secteurs frontaliers la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), qu’elle qualifie de « terroriste », et instaurer une « zone de sécurité » de 32 km de profondeur en territoire syrien pour séparer sa frontière des zones contrôlées par les YPG.

Depuis le début de l’assaut mercredi, 74 combattants kurdes et 30 civils ont été tués selon un dernier bilan de l’OSDH, et 100.000 personnes ont été déplacées d’après l’ONU. Ankara a annoncé la mort de quatre soldats en Syrie et de 18 civils dans la chute de dizaines de roquettes kurdes tirées sur des villes frontalières en Turquie.

« Ras al-Aïn résiste toujours et les affrontements se poursuivent »

Sous un barrage de l’artillerie lourde et des raids aériens turcs, les forces turques et leurs alliés locaux ont lancé le matin à partir de trois axes un assaut en direction de Ras al-Aïn, presque entièrement désertée par ses habitants, selon l’OSDH. Le bruit des bombardements incessants était entendu alors que les combattants proturcs armés de lance-roquettes se dirigeaient vers le front. Signe de l’intensité des violences, 20 combattants kurdes ont été tués dans la nuit, alors que 10 civils ont péri samedi, d’après l’ONG.

Selon un responsable des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont l’épine dorsale, « Ras al-Aïn résiste toujours et les affrontements se poursuivent ». « Les FDS ont partiellement reculé en raison des violents bombardements mais ont lancé une contre-attaque ». Selon l’OSDH et un correspondant de l’AFP sur place, les forces turques et leurs alliés ont conquis une zone industrielle à la périphérie de Ras al-Aïn.

Les forces turques ont conquis 11 villages

Un responsable de ces supplétifs, des ex-rebelles ayant combattu le régime syrien au début de la guerre, a indiqué que leur progression était ralentie « par la résistance féroce des YPG et un nombre très élevé de tireurs embusqués. Nous avons fermé les routes principales qui mènent à Ras al-Aïn ».

Dans la nuit, les forces turques ont conquis 11 villages, la plupart près de Tal Abyad, une autre cible des forces turques, selon l’OSDH. Au total depuis mercredi, les Kurdes ont perdu 23 villages.