Hong Kong: Google retire un jeu vidéo sur les manifestations

LES AFFAIRES D'ABORD Le groupe assure sans convaincre que la Chine n’est pour rien dans sa décision de retirer l’application permettant de se mettre dans la peau d’un manifestant

20 Minutes avec AFP

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Un drapeau de manifestants à Hong Kong le 9 octobre 2019.
Un drapeau de manifestants à Hong Kong le 9 octobre 2019. — EPN/Newscom/SIPA

Google a retiré de son magasin d’applications en ligne un jeu vidéo qui permettait de se mettre dans la peau d’un manifestant à Hong Kong, alors que la Chine accroît la pression contre les sociétés étrangères qu’elle soupçonne de soutenir les manifestants pro-démocrates. L’application « The Revolution Of Our Times » (La révolution de notre temps, un slogan des manifestants) contrevenait à « notre politique de longue date, qui interdit aux éditeurs de capitaliser sur des événements sensibles, comme d’essayer de faire de l’argent avec des jeux sur des conflits graves en cours ou des tragédies », a expliqué le géant de l’internet jeudi.

Google nie avoir plié sous la pression de la Chine

Cette intervention a été décidée en interne, et non en réponse à une requête de la police hongkongaise, a précisé Google, alors que certains organes de presse affirment le contraire. « Après un examen attentif, nous avons établi que cette appli enfreignait notre règlement et nous l’avons suspendue, comme nous l’avons fait dans des cas similaires qui profitaient d’autres événements comme des tremblements de terre, des crises, des suicides et des conflits », a ajouté le groupe.

Dans cette application, le joueur envisage de participer à une manifestation début juin, et doit faire des choix. Ses décisions d’acheter des équipements de protection ont des conséquences pour lui (risque d’être arrêté, etc.) mais aussi sur l’opinion publique et même ses relations sentimentales. Selon Hong Kong Free Press, « 80 % des revenus du jeu devaient être reversés à Spark Alliance, un fonds légal pour les manifestants arrêtés ».

Google, comme Twitter et Facebook, est bloqué en Chine, mais pas à Hong Kong. Les trois grands réseaux sociaux – YouTube pour Google – ont pris des mesures cet été pour bloquer une vaste campagne de propagande menée par les autorités chinoises sur les plateformes pour discréditer la mobilisation en faveur de réformes démocratiques. Dernièrement des marques occidentales ont cependant cédé à la pression de Pékin. Le géant américain Apple a notamment retiré jeudi une application qui permettait aux Hongkongais de localiser les policiers sur une carte.