VIDEO. Equateur: Violentes manifestations contre l’explosion des prix de l’essence

ETAT D'URGENCE La capitale du pays, Quito, est sous très haute tension alors que le litre de carburant est passé en moyenne sur une semaine de 0,48 à 0,63 dollar.

20 Minutes avec AFP

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Violences lors d'une manifestation à Quito, le 9 octobre 2019.
Violences lors d'une manifestation à Quito, le 9 octobre 2019. — Dolores Ochoa/AP/SIPA

Des violences ont éclaté mercredi entre manifestants et forces de l’ordre dans les rues de Quito, capitale de l’Equateur quadrillée par la police, lors d’une grande manifestation contre la hausse du prix de l’essence décidée par le gouvernement. Alors que le cortège principal, réunissant plusieurs milliers de protestataires, dont de nombreux indigènes, défilait dans le centre historique, des manifestants masqués ont affronté la police à coups de pierres et de cocktails Molotov. Celle-ci a riposté en faisant usage de gaz lacrymogène.

Une hausse de 123 % en moins d’une semaine

La situation est donc particulièrement explosive. La décision du président Moreno de supprimer des subventions des carburants d’un montant total de 1,3 milliard de dollars (l’économie équatorienne est dollarisée) est entrée en vigueur jeudi. Cela a entraîné des hausses des prix des carburants allant jusqu’à 123 %. Le litre est ainsi passé en moyenne de 0,48 à 0,63 dollar.

Les manifestants exigent donc que le chef de l’Etat rétablisse les subventions, supprimées après un accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 4,2 milliards de dollars. Pour se faire entendre, les indigènes, acteurs clés de ce conflit, affluent depuis plusieurs jours, vers la capitale depuis les différentes provinces du pays, à pied ou à bord de pick-up. « Nous voulons que ces mesures soient abolies pour que le peuple retrouve sa tranquillité », a déclaré César Garcia, 52 ans, un des dirigeants indigènes.

Les incidents ont mis sous pression le gouvernement du président Lenin Moreno, un libéral de 66 ans arrivé au pouvoir sous la bannière socialiste. Il a ordonné mardi un couvre-feu nocturne autour des lieux de pouvoir. M. Moreno, qui avait déplacé lundi le siège du gouvernement vers la capitale économique du pays, Guayaquil (sud-ouest), avait déjà proclamé l’état d’urgence pendant 60 jours afin que les forces armées puissent rétablir l’ordre. Le couvre-feu aura la même durée.

Ouverture d’une médiation

Dans une tentative de désamorcer la situation, le chef de l’Etat a ouvert mardi la porte à une médiation des Nations unies et de l’Eglise catholique. Mais en face, la Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur (Conaie), principal organe représentatif des peuples autochtones du pays, a « décidé de poursuivre la mobilisation nationale contre les mesures économiques », selon son communiqué qui ne mentionne pas de contacts avec le gouvernement.

Le petit pays andin est secoué depuis début octobre par un mouvement social inédit depuis 2007, marqué par des blocages de routes et de puits pétroliers en Amazonie, des manifestations parfois violentes et des grèves. L’occupation de plusieurs champs pétroliers par des manifestants a conduit les autorités à suspendre les opérations de son principal oléoduc, le Trans-Equatorian Oil Pipeline System (SOTE), paralysant le transport de 68 % de sa production. L’Equateur, qui a annoncé la semaine dernière son retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a extrait quelque 531.000 barils par jour de pétrole brut entre janvier et juillet cette année.