Colombie: Le parti Farc exclut ses ex-chefs ayant repris les armes

MAINTENIR LA PAIX La décision concerne notamment Ivan Marquez, l’ex-numéro deux de l’organisation, qui a décidé fin août de reprendre la lutte armée

20 Minutes avec AFP

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L'ex numéro deux des Farc, Ivan Marquez, à Bogota le 10 avril 2018.
L'ex numéro deux des Farc, Ivan Marquez, à Bogota le 10 avril 2018. — Fernando Vergara/AP/SIPA

Le parti Farc, issu de l’accord de paix en Colombie, a officialisé mercredi l’exclusion de plusieurs ex-chefs rebelles retournés à la clandestinité et à la lutte armée. « L’annonce du retour aux armes ignore les instances de notre direction nationale » et « toutes les directives et principes politiques en matière disciplinaire », a déclaré le parti Force alternative révolutionnaire commune (Farc), issu de l’ancienne guérilla marxiste.

Un accord de paix datant de 2016

Le parti de gauche, qui avait déjà condamné le retour aux armes des chefs rebelles, a affirmé qu’ils avaient enfreint « le statut et le code d’éthique en tous points, par une multitude de situations consistant en des délits, des délits graves et des délits très graves » qui justifient leur expulsion.

Cette décision concerne Ivan Marquez, l’ex-numéro deux des FARC, Jesus Santrich, son bras droit et Hernan Dario Velasquez Saldarriaga. Dans une vidéo diffusée fin août, ces anciens chefs rebelles ont annoncé la reprise de la lutte armée, dénonçant « la trahison » par l’Etat de l’accord de paix de 2016. Le 4 octobre, la Juridiction spéciale de paix (JEP) les a exclus des dispositions pénales spécifiques définies par l’accord de paix qui prévoit des peines alternatives à la prison pour les auteurs de crimes graves, anciens rebelles et militaires, à condition qu’ils disent la vérité, dédommagent les victimes et s’engagent à ne plus recourir à la violence.

Bogota accuse le Venezuela voisin de servir de refuge aux ex-rebelles dissidents, ainsi qu’aux dirigeants de l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active reconnue en Colombie. Appuyé par l’ONU, l’accord de 2016, a permis le désarmement de quelque 13.000 guérilleros de l’ancienne guérilla des Farc. Mais 2.300 combattants sont toujours en dissidence, pour la plupart impliqués dans le trafic de drogue et l’exploitation minière illégale, selon les renseignements militaires.