Ils ont été jetés vivants en mer: les treize clandestins portaient malchance

DRAME Ils immigraient vers l'Italie, leurs corps ont été retrouvés début septembre...

M.Gr. (avec agence)

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Vingt-deux immigrés clandestins étaient portés disparus mercredi après le naufrage de leur embarcation dans la nuit de mardi à mercredi à plus de 100 km au sud de Malte, a indiqué la marine maltaise.
Vingt-deux immigrés clandestins étaient portés disparus mercredi après le naufrage de leur embarcation dans la nuit de mardi à mercredi à plus de 100 km au sud de Malte, a indiqué la marine maltaise. — AFP/Archives

C’est un nouveau drame de l’immigration sur cette route maritime du désespoir entre l’Afrique et l’Italie, émaillée par tant de naufrages et d’avaries. Le parquet du tribunal de Syracuse, en Sicile, vient d’annoncer ce lundi que treize immigrés clandestins sont morts après avoir été jetés vivants en mer lors de leur voyage vers la péninsule.

Les treize hommes faisaient partie d'un groupe de 59 Nigérians, Nigériens et Ghanéens, qui comprenaient notamment 14 femmes et deux fillettes. Les rescapés sont arrivés le 11 septembre en Sicile.

Circonstances uniques

Dans un premier temps, les forces de l'ordre ont établi que les «treize clandestins avaient été jetés en mer car décédés pour des raisons inconnues.» Une pratique courante: lorsque les candidats à l'immigration meurent de faim ou de soif lors de la traversée, leurs compagnons de voyages les jettent alors par-dessus bord.

Cette fois, les circonstances sont différentes. «Les déclarations des étrangers ont permis d'apprendre que les treize immigrés clandestins disparus avaient été jetés en mer encore vivants», confie d'abord le parquet de Syracuse. Il précise que cinq personnes, le commandant de l'embarcation et quatre autres passeurs, ont été arrêtés.

Surtout, selon l'agence Ansa, ils ont trouvé la mort parce que leurs compagnons de voyage les avaient accusés de porter malchance.

Ils arrivent que les passeurs se débarrassent de leurs clandestins lorsqu’ils sont pris en chasse par les garde-côtes. Ou qu'on jette par dessus bord des passagers qui se sont rétractés pendant la traversée et veulent l'abandonner.