L'Algérie dément qu'une députée française ait été arrêtée dans le pays

ALGERIE Selon LFI, Mathilde Panot avait été interpellée la semaine dernière après avoir rencontré des étudiants et professeurs ayant participé à une marche du mouvement de contestation qui secoue l’Algérie

20 Minutes avec AFP
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Mathilde Panot, aux côtés d'Alexis Corbières, est députée du Val-de-Marne depuis juin 2017.
Mathilde Panot, aux côtés d'Alexis Corbières, est députée du Val-de-Marne depuis juin 2017. — PDN/SIPA

La députée française de gauche radicale Mathilde Panot n’a pas été interpellée en Algérie, contrairement aux allégations de son groupe politique à l’Assemblée nationale française, a affirmé lundi le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum.

Selon son groupe La France Insoumise (LFI), l’élue a été interpellée le 1er octobre à Béjaïa, à 220 km à l’est d’Alger, puis ramenée « sous escorte » dans la capitale algérienne où « elle a été placée sous surveillance dans un hôtel », avant d’être reconduite à l’aéroport afin de regagner la France.

Mathilde Panot avait indiqué avoir été « immobilisée » après un échange avec des étudiants et professeurs ayant participé à une marche du mouvement de contestation qui secoue l’Algérie depuis février.

« Ingérence étrangère et atteinte à la souveraineté nationale »

Elle est une « députée en France et non en Algérie, sa participation aux marches en Algérie pourrait être interprétée comme une ingérence étrangère et une atteinte à la souveraineté nationale », a réagi le chef de la diplomatie algérienne. Cité par l’agence APS, Sabri Boukadoum a ajouté qu’il n’y avait « pas eu d’arrestation ».

Dans un message sur Facebook, la députée du Val-de-Marne (région parisienne), qui avait prévu de rester plusieurs jours en Algérie, avait expliqué s’y être rendue « en tant que militante de la révolution citoyenne » et pour « rencontrer les acteurs et actrices du mouvement populaire ». Elle avait aussi dénoncé des incarcérations et condamnations abusives de manifestants.

Déclenché en février, le mouvement de contestation en Algérie, qui a poussé le président Abdelaziz Bouteflika à démissionner début avril, réclame toujours le départ de l’ensemble du « système » au pouvoir avant tout scrutin. Une présidentielle prévue début juillet a été annulée, faute de candidats. Le pouvoir intérimaire a annoncé en septembre une nouvelle date pour l’élection, le 12 décembre, conformément au souhait de l’armée.