Milan Kundera dément avoir dénoncé un déserteur

POLEMIQUE En 1950, un jeune étudiant du nom de Milan Kundera dénonce au régime communiste un jeune déserteur de l'armée...

Avec agence

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La première édition en République tchèque de "L'insoutenable légèreté de l'être", l'un des plus célèbres romans de Milan Kundera, à l'origine écrit en tchèque, s'annonce comme un best-seller, plus de 20 ans après sa première parution en français.
La première édition en République tchèque de "L'insoutenable légèreté de l'être", l'un des plus célèbres romans de Milan Kundera, à l'origine écrit en tchèque, s'annonce comme un best-seller, plus de 20 ans après sa première parution en français. — AFP/Gallimard/Arch.

Selon une information révélée par le magazine Tchèque «Respekt», le célèbre auteur de l’«Insoutenable légèreté de l’être» aurait dénoncé, auprès de la police communiste tchécoslovaque, un étudiant ayant déserté l’armée. Témoignage qui a conduit à une condamnation à 22 ans de prison pour le jeune déserteur.

Les faits remontent à 1950, l’auteur, alors étudiant, aurait rapporté «qu'une étudiante devait rencontrer dans la soirée un certain Miroslav Dvovácek, ce dernier a apparemment déserté du service militaire et était allé au printemps de l'année précédente en Allemagne, où il était entré illégalement», indique le rapport de police 624/1950, issu des archives du ministère de l'Intérieur.

Vingt-deux ans de prison

Le jeune Miroslav Dvovácek fut alors envoyé de prison, puis soumis au travail forcé dans une mine d'uranium, comme beaucoup de prisonniers politiques à l'époque. Il fut relâché au bout de quatorze ans, en 1963, alors que Milan Kundera venait de publier «Risibles amours», roman qui lui valut ses premiers pas vers la notoriété.

Milan Kundera, âgé de 21 ans au moment de l'affaire, ne connaissait pas personnellement l'étudiant incriminé, mais avait entendu parler du rendez-vous par personne interposée, selon l'enquête effectuée par Adam Hradilek, l'auteur de l'article.

Ce dernier, qui travaille actuellement à l'Institut d'étude des régimes totalitaires, en charge de la gestion des archives communistes, est tombé par hasard sur le nom de Kundera en épluchant les archives liées à l'histoire que lui avait confiée l'étudiante qui avait rendez-vous avec le jeune homme. Selon «Respekt», cette dernière vivait dans la culpabilité depuis l'arrestation de son ami.

Milan Kundera dément

Une information fortement démentie par Milan Kundera lundi en fin d'après-midi dans un communiqué diffusé à Paris.

«Je suis extrêmement choqué par les informations divulguées par le magazine tchèque Respekt et diffusées dans la presse internationale. Je conteste de la manière la plus forte ces accusations qui sont de purs mensonges», écrit-il dans ce bref communiqué transmis par sa maison d'édition française, Gallimard.