Syrie : Accusé d’avoir « trahi » les Kurdes, Donald Trump menace la Turquie

OFFENSIVE Le Pentagone a également démenti tout retrait de Syrie, assurant que les forces américaines allaient être redéployées sur d’autres bases

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump à Washington, le 9 juillet 2019.
Donald Trump à Washington, le 9 juillet 2019. — Michael Brochstein/Sipa USA/SIPA

Cacophonie à la Maison-Blanche. Après avoir laissé le champ libre à une offensive turque contre les forces kurdes en Syrie, Donald Trump a fait marche arrière lundi, dans la confusion et sous la pression internationale et de son propre camp, mettant la Turquie en garde contre tout excès. « Si la Turquie fait quoi que ce soit dont j’estime, dans ma grande et inégalable sagesse, que cela dépasse les bornes, je détruirai et anéantirai l’économie de la Turquie », a tweeté le président des États-Unis.

Les responsables de son gouvernement se sont de leur côté employés à se démarquer de toute opération militaire d’Ankara et à minimiser le départ des soldats américains déployés près de la frontière turque : il ne s’agit que de 50 à 100 membres des forces spéciales qui sont « redéployés vers d’autres bases à l’intérieur de la Syrie », et en aucun cas d’un « retrait » généralisé.

Pluie de critiques aux Etats-Unis

La vague de réprobation n’a pas tardé aux Etats-Unis, jusque dans le camp du président, qui, confronté à une procédure de destitution, a pourtant plus que jamais besoin du soutien des élus républicains. Le sénateur Lindsey Graham, souvent prêt à le défendre, l’a appelé à « revenir » sur ce retrait « porteur de désastre ». Malgré le changement de ton à la Maison-Blanche, le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a jugé utile d’enfoncer le clou, prévenant qu’un départ « précipité » de Syrie profiterait à la Russie et à l’Iran.

Mitt Romney, lui, a accusé Donald Trump de « trahir » les Kurdes. « Nous devons toujours protéger nos alliés. Les Kurdes ont joué un rôle central dans notre succès contre Isis (Daesh) En Syrie. Les laisser mourir là-bas serait une grave erreur », a insisté l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley.