Brexit : Londres veut « intensifier » les discussions, Paris propose un bilan en fin de semaine

SORTIE DE L'UE Le Premier ministre britannique souhaite éviter un « no deal » et s’oppose à tout nouveau report

20 Minutes avec AFP

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Boris Johnson quitte Londres pour Bruxelles, le 3 octobre 2019.
Boris Johnson quitte Londres pour Bruxelles, le 3 octobre 2019. — Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA

Le Premier ministre a prévenu. Il n’y aura pas de nouveau report. Dans une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron, Boris Johnson a réitéré ses propos. Les discussions en cours sont la « dernière chance » d’obtenir un accord.

Londres a plaidé plus tôt dans la journée de dimanche en faveur d’une « intensification » des discussions à la veille de la reprise de négociations avec Bruxelles sur le Brexit, prévu le 31 octobre. Paris a, de son côté, proposé un bilan « en fin de semaine prochaine » pour voir si un accord est possible.

« Nous avons présenté de très sérieuses propositions, avec un compromis de notre côté », a déclaré le ministre du Brexit, Steve Barclay. « Il faut maintenant entrer dans des négociations intensives pour clarifier l’accord », a affirmé le ministre, qui se rendait aux Pays-Bas.

Scepticisme à Bruxelles

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a présenté mercredi son plan, accueilli avec scepticisme à Bruxelles qui y voit plusieurs points « problématiques ». Alors que le temps presse pour parvenir à un accord, Johnson s’est entretenu au cours du week-end avec plusieurs dirigeants européens, dont ses homologues finlandais et néerlandais samedi et le président français Emmanuel Macron dimanche.

Macron lui a déclaré que « la négociation devait se poursuivre rapidement dans les prochains jours avec l’équipe de Michel Barnier (le négociateur en chef du Brexit pour l’UE, ndlr), afin d’évaluer en fin de semaine prochaine si un accord est possible », a indiqué l’Elysée.

Le Premier ministre finlandais Antti Rinne, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne (UE), avait déjà déclaré samedi avoir dit à Johnson qu’il était « important de trouver une solution d’ici une semaine ». « Johnson a dit qu’il était d’accord avec ce calendrier », avait-il ajouté.

« Deux problèmes graves » signalés par l’UE

Le projet de Johnson vise à mettre fin au casse-tête de la frontière irlandaise, en évitant le retour de contrôles après le Brexit entre la république d’Irlande, membre de l’UE, et la province britannique d’Irlande du Nord, qui quittera l’UE comme le reste du Royaume-Uni. Mais les Européens estiment que plusieurs points posent problème et que ce projet doit être retravaillé.

Si Londres ne « revient pas avec de nouvelles propositions sur deux problèmes graves que nous leur avons signalés, je ne vois pas comment nous pourrions avancer », a averti samedi Barnier. Ces problèmes sont le retour de contrôles douaniers entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, et le droit de veto que Londres souhaite accorder au parlement nord-irlandais.

Le ministre chargé du Brexit s’est montré ouvert à un compromis sur la question du consentement de l’Irlande du Nord : « Dans le cadre des négociations intensives des prochains jours, nous pouvons voir cela et en discuter », a-t-il déclaré.

L’autre problème identifié par les Européens est la complexité des propositions britanniques pour éviter le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.

Dans une lettre publiée par le Sunday Express et le Sun on Sunday, deux journaux pro-Brexit, Boris Johnson a exhorté l’UE à faire preuve de plus de souplesse. « Je dis à nos amis européens : saisissez l’opportunité offerte par nos nouvelles propositions. Rejoignez-nous à la table des négociations dans un esprit de compromis et de coopération ».

Une loi britannique contraignante

Une loi adoptée par le Parlement le contraint pourtant à repousser la date de divorce s’il n’y a pas d’accord lors du prochain sommet européen les 17 et 18 octobre, afin d’éviter un « no deal » aux conséquences économiques et sociales potentiellement désastreuses.

Déterminé à faire sortir son pays « coûte que coûte » le 31 octobre, Boris Johnson pourrait ignorer cette loi et s’accrocher à son poste, mettant alors la reine Elizabeth II au défi de le limoger, selon le Sunday Times.