Procédure d'impeachment : L’administration Trump dénonce le « harcèlement » des démocrates

ÇA TIRE A BOULETS ROUGES Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a fustigé les démocrates, qui réclament à la Maison Blanche des documents dans le cadre de leur enquête parlementaire

A.R. avec AFP

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Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, à Athènes, le 5 octobre 2019.
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, à Athènes, le 5 octobre 2019. — Costas Baltas/AP/SIPA

Les mots sont forts. En visite à Athènes, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a jugé samedi que le Congrès avait « maltraité les employés du département d’Etat en les contactant directement et en cherchant à obtenir des documents qui appartiennent au département d’Etat ». « C’est du harcèlement », a-t-il lancé.

Le secrétaire d’Etat américain réagissait après les injonctions émises la veille par les démocrates, qui contrôle la Chambre des représentants. Ces derniers ont sommé la Maison Blanche et le vice-président Mike Pence de leur fournir des documents dans le cadre de l’enquête parlementaire en vue d’une procédure de destitution (« impeachment ») de Donald Trump. La présidence a jusqu’au 18 octobre pour obtempérer.

Fournir « tous les documents requis par la loi »

Les démocrates, qui accusent le président américain d’« entrave et d’opérations de dissimulation », ont une nouvelle fois dénoncé son attitude. « Nous regrettons profondément que le président Trump nous ait mis [les démocrates], ainsi que la nation, dans cette position, mais ses actions ne nous ont pas laissé d’autre choix que d’émettre cette injonction », précise leur communiqué.

Un assistant de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants avait par ailleurs indiqué à CNN que Mike Pompeo n’avait pas livré dans le délai imparti les documents réclamés dans une autre injonction envoyée le 27 septembre. Le secrétaire d’Etat, qui était présent lors de l’appel entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, a toutefois promis d’être « plus réactif » et de fournir « tous les documents requis par la loi ».

Un nouveau lanceur d’alerte potentiel

C’est le signalement d’un lanceur d’alerte, membre des services de renseignement, qui est à l’origine du lancement d’une enquête parlementaire en vue d’un impeachment. Vendredi soir, le New York Times  a révélé l’existence d’un deuxième lanceur d’alerte potentiel qui disposerait d’informations plus directes que le premier.

Selon le quotidien, il s’agit également d’un membre des services de renseignement. Il figure parmi les personnes interrogées par l’inspecteur général des services, Michael Atkinson, pour corroborer les dires du premier lanceur d’alerte. Ce deuxième homme se serait lui aussi alarmé de l’attitude de Donald Trump vis-à-vis de l’Ukraine et réfléchirait à déposer sa propre plainte afin de témoigner devant le Congrès.

Des SMS embarrassants

Cette semaine, l’enquête a apporté de nouvelles révélations. Une série de SMS de diplomates américains en Ukraine ont été rendus publics par le Congrès. Très embarrassants pour Donald Trump, ces messages démontrent qu’il aurait bien fait pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’il enquête sur les affaires du fils de l’ancien vice-président Joe Biden, bien placé pour l’affronter à l’élection présidentielle de 2020.

Le candidat à la primaire démocrate a rétorqué en qualifiant Trump de « président le plus corrompu que nous ayons eu dans l’histoire moderne ». Ce dernier a de nouveau défendu samedi son coup de fil « parfait » avec Volodymyr Zelensky, accusant le lanceur d’alerte d’être inexact dans sa version des faits. « Les médias sont (…) corrompus. Ils n’ont rien à voir avec la vérité. Le New York Times et le Washington Post sont de la pure fiction », s’est emporté le locataire de la Maison Blanche sur Twitter.