Hong Kong: Une nuit de violences après l’interdiction du port du masque condamnée par la cheffe de l'exécutif

CRISE Les manifestations continuent alors que la cheffe de l'exécutif local, Carrie Lam, a invoqué des dispositions d'urgence datant de 1922

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants vandalisent une station de métro à Hong Kong le 4 octobre 2019.
Des manifestants vandalisent une station de métro à Hong Kong le 4 octobre 2019. — EPN/Newscom/SIPA

Tout le réseau du métro de Hong Kong était à l’arrêt ce samedi et des dizaines de commerces fermés après une nuit de violences entre manifestants pro-démocratie et policiers à la suite de l’interdiction par les autorités du port du masque lors des rassemblements. La cheffe de l’exécutif local, Carrie Lam, a condamné ces actions violentes commises par des « émeutiers », assurant que la population était « effrayée ».

C’est la même Carrie Lam qui a invoqué des dispositions d’urgence datant de 1922, mais non utilisées depuis 52 ans. Elle n’a en outre pas exclu de prendre d’autres mesures dans ce cadre si la situation continuait de s’envenimer. Sitôt cette interdiction rendue publique, des actions de protestation ont commencé un peu partout dans l’ex-colonie britannique, tandis que fleurissaient sur les réseaux sociaux les appels à manifester les trois prochains jours.

Des manifestants masqués, malgré l'interdiction, à Hong Kong le 4 octobre 2019
Des manifestants masqués, malgré l'interdiction, à Hong Kong le 4 octobre 2019 - John Rudoff/Sipa USA/SIPA

Des appels à manifester les trois prochains jours

De vastes foules, constituées pour l’essentiel d’employés de bureau, ont bloqué des artères dans le cœur même du quartier des affaires, certains déchirant des bannières à la gloire de la Chine. Dans la soirée, des heurts ont éclaté, la police faisant usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui ont envahi des rues, allumé des feux et vandalisé des stations de métro (toutes les lignes ont été arrêtées) et des établissements commerciaux prochinois.

« Le gouvernement ne nous écoute pas. Alors nous renforçons notre action », a déclaré Nathalie, une manifestante âgée de 32 ans, tandis que des protestataires radicaux saccageaient une station de métro dans le quartier habituellement calme de Tseung Kwan O. Dans l’arrondissement de Yuen Long, un policier a ouvert le feu lorsque sa voiture a été encerclée par la foule et qu’un cocktail Molotov a explosé à ses pieds, d’après des témoins de la scène. « Une foule importante d’émeutiers a attaqué un policier en civil. Il est tombé au sol, puis a été battu par de nombreuses personnes. Dans ces circonstances de danger pour sa vie, le policier a tiré cinq balles pour sa sécurité », a déclaré la police. Dans le même quartier, un garçon de 14 ans a été blessé par balle, a rapporté le quotidien South China Morning Post citant une source médicale, sans toutefois pouvoir faire de lien entre les deux évènements.

Les autorités chinoises ne lâchent rien sur le port du masque

Après les saccages de stations de métro, l’opérateur public MTR a annoncé que le trafic était suspendu sur tout le réseau. L’Airport Express, le train à grande vitesse reliant l’aéroport au centre, est aussi à l’arrêt. Certains centres commerciaux et supermarchés sont également fermés tout comme de nombreuses banques chinoises, cibles de violences vendredi soir. De nouvelles manifestations sont attendues dans la journée et la police a appelé la population à rester vigilante.

« Les actes extrêmes commis par les émeutiers sont à l’origine d’une nuit très sombre pour Hong Kong et la société hongkongaise est à moitié paralysée aujourd’hui », « tout le monde est très inquiet voire même effrayé », a déclaré Carrie Lam dans un message vidéo.

Les autorités centrales chinoises ont jugé « extrêmement nécessaire » la mesure prise à Hong Kong. « Il est grand temps de mettre fin aux violences en adoptant une attitude plus claire et des mesures plus efficaces », car « le chaos actuel à Hong Kong ne peut pas continuer indéfiniment », a déclaré le porte-parole du Bureau chargé, au sein du gouvernement chinois, des affaires de Hong Kong et de Macao, Yang Guang. La menace ne semble pas, pour le moment apaiser les manifestants… bien au contraire.