Etats-Unis : Donald Trump jubile après la publication de bons chiffres sur la baisse du chômage

EMPLOI Le président américain, fragilisé par la procédure de destitution lancée par les démocrates, se réjouit du recul de 3,5 % du taux de chômage

20 Minutes avec AFP

— 

Le président des Etats-Unis, Donald Trump.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump. — Sipa USA/SIPA

Les créations d’emplois aux Etats-Unis sont restées solides en septembre et le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau depuis décembre 1969, une très bonne nouvelle pour le président Donald Trump fragilisé par une procédure de destitution.

Le taux de chômage a reculé à 3,5 % et l’économie américaine a encore créé 136.000 emplois le mois dernier. C’est moins que ne l’espéraient les analystes, mais le marché de l’emploi s’est révélé bien plus robuste qu’initialement estimé au mois d’août. Une conjonction qui fait dire aux économistes que la première économie du monde se trouve dans la « zone Boucle d’or », ni trop chaude ni trop froide et que les craintes d’une récession à court terme étaient infondées.

Le marché boursier américain en hausse

Le président ne s’y est pas trompé et a immédiatement cherché à tirer un avantage politique de la bonne nouvelle sur le thème : pourquoi destituer un président qui gouverne si bien ? « Wouah l’Amérique, destitue ton président (même s’il n’a rien fait de répréhensible !) », a ironisé Donald Trump sur son compte Twitter.

Wall Street a ouvert en hausse et le dollar s’est renforcé après la publication de ce rapport sur l’emploi.

Taux de participation à l’emploi inchangé

Le taux de chômage s’est durablement installé sous la barre des 4 % cette année. Et nombre d’Américains, qui n’étaient tout simplement plus dans les statistiques parce que découragés de trouver un travail après la crise financière, sont revenus ces derniers mois sur le marché de l’emploi.

Le chômage pour les hispaniques est au plus bas depuis 1973, soit depuis le début des statistiques, a précisé le ministère. Pour les blancs, il est au plus bas depuis mai 1969. Pour les salariés non qualifiés, il est au plus bas depuis 1992 depuis que cette statistique existe. Le taux de participation à l’emploi, qui atteste en général d’une confiance dans l’économie, est resté inchangé à 63,2 %.

Ce rapport de septembre était très attendu car il s’agit du dernier avant la réunion de la Banque centrale américaine des 29 et 30 octobre qui doit décider d’abaisser ou de laisser inchangés les taux d’intérêt. Ces derniers mois, le président de la Fed Jerome Powell a relevé que le marché de l’emploi et la consommation des ménages étaient les deux points forts de l’économie américaine.

Des inquiétudes liées à la guerre commerciale

Et alors que la guerre commerciale menée par l'administration Trump contre la Chine commence à affecter l’économie américaine, le maintien d’un marché de l’emploi solide permet d’immuniser en partie l’économie américaine contre un retournement de la conjoncture.

A Wall Street, on s’attend à une nouvelle baisse des taux pour la troisième fois cette année sur la base du ralentissement de l’expansion économique : +2 % au deuxième trimestre après 3,1 % au premier trimestre. D’autant que l’incertitude créée par les tensions commerciales décourage les investisseurs et commence à miner la confiance des consommateurs, motrice traditionnelle de la croissance américaine. En outre, l’industrie manufacturière est entrée en récession. Les chiffres de la balance commerciale ont eux fait apparaître une baisse sensible des échanges de marchandises entre la Chine et les Etats-Unis depuis le début de l’année.

Vers une baisse des taux ?

Quoique positif, ce rapport solide devrait diviser un peu plus le comité monétaire de la Fed. En septembre, trois membres avaient voté contre la baisse des taux dont deux estimant que cette baisse était injustifiée par le rythme de croissance encore solide.

Depuis le début de l’année, la croissance des créations d’emplois a toutefois ralenti, constate le ministère du Travail. La moyenne des nouvelles embauches sur trois mois est en effet passée de 223.000 en 2018 à 157.000 en septembre.

L’industrie manufacturière, première victime de la guerre commerciale, est en récession. Sur le front des embauches en septembre, le secteur de la santé est celui qui a recruté le plus (+39.000), suivi du secteur des services aux professionnels (+34.000) et des emplois publics (+22.000). Le salaire horaire moyen est, lui, resté quasiment stable à 28,09 dollars contre 28,10 dollars le mois précédent.