Les collines du Kivu au bord de la guerre

Armelle Le Goff

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Un calme relatif règne depuis jeudi dans les collines du Nord-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo. La région n'était pourtant pas loin de basculer la semaine dernière, après que les troupes de Laurent Nkunda se sont emparées d'une base militaire aux portes de Goma, la capitale du Nord-Kivu, où les combats ont repris fin août. Jeudi soir, dans un message diffusé à la télévision nationale, Joseph Kabila, le président congolais, a accusé Laurent Nkunda, chef de guerre tutsi congolais proche du Rwanda, de vouloir « diviser le pays pour réaliser l'expansionnisme d'un territoire voisin ». Le lendemain, il a nommé le ministre du Budget, Adolphe Muzito, au poste de Premier ministre, vacant depuis le 25 septembre. Celui-ci a annoncé qu'il se rendrait prochainement dans la zone de conflit.

Mais cela suffira-t-il pour assurer une véritable accalmie ? Sur le terrain, la situation est tendue. Ainsi, les forces armées congolaises sont très remontées contre la Monuc (Mission des Nations unies au Congo), qui a échoué à contenir les troupes de Nkunda. Les ONG tiennent presque le même discours. Médecins sans frontières accuse la Monuc de ne pas remplir « son mandat de protection des populations civiles » et de ne pas apporter « l'aide appropriée à la population ». Plus d'un million de personnes auraient été déplacées par les combats qui ensanglantent la région depuis 1998.