Canada : Justin Trudeau pas inquiété lors du premier débat pour les élections législatives

CAMPAGNE Les différents partis ont plus attaqué le chef de l’opposition conservatrice que le premier ministre libéral sortant, Justin Trudeau

20 Minutes avec AFP

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Yves-François Blanchet (chef du Bloc québécois, indépendantiste), Andrew Sheer (chef du Parti conservateur, droite), Pierre Bruneau (modérateur), Justin Trudeau (chef du Parti libéral, centre gauche), Jagmeet Singh (chef du NPD, gauche).
Yves-François Blanchet (chef du Bloc québécois, indépendantiste), Andrew Sheer (chef du Parti conservateur, droite), Pierre Bruneau (modérateur), Justin Trudeau (chef du Parti libéral, centre gauche), Jagmeet Singh (chef du NPD, gauche). — Joel Lemay/AP/SIPA

Au Canada, le Premier ministre sortant Justin Trudeau, candidat à sa réélection le 21 octobre prochain, a profité de son premier débat télévisé pour attaquer bille en tête son rival conservateur Andrew Scheer. Alors que les derniers sondages donnent toujours Libéraux et Conservateurs au coude-à-coude, le premier « débat des chefs », entièrement en français, a donné lieu à des échanges parfois musclés mais toujours courtois sur la laïcité, l’homosexualité et l’avortement, le droit à mourir dans la dignité, la décriminalisation des drogues, l’environnement ou l’économie.

Dès le début du débat, dans les locaux de la chaîne francophone privée TVA à Montréal, Justin Trudeau, très à l’aise, a attaqué son rival conservateur sur la question de l’avortement. Il n’a pas hésité à alterner vouvoiement et tutoiement, parfois dans la même phrase, ou à interrompre fréquemment son adversaire. « Personnellement, toi, Andrew Scheer, est-ce que vous croyez qu’une femme devrait avoir le choix » d’avorter, a-t-il demandé.

Le chef de l’opposition en difficulté sur l’environnement

Andrew Scheer, fervent catholique, 40 ans et père de cinq enfants, s’est borné à répéter, dans un français parfois approximatif et hésitant, qu’il s’opposerait à toute tentative d’un de ses députés de relancer le débat s’il était élu Premier ministre. Alors que les observateurs s’attendaient à un tir de barrage sur le Premier ministre sortant, âgé de 47 ans, c’est souvent Andrew Scheer qui a été la cible des trois autres candidats.

La deuxième passe d’armes a porté sur l’un des grands sujets qui ont dominé la campagne : l’environnement. Andrew Scheer, grand défenseur de l’industrie pétrolière de l’Alberta, s’est une nouvelle fois retrouvé dans la ligne de mire. « Les conservateurs pensent que les lois du marché et l’intervention du Saint-Esprit vont régler les changements climatiques ou que ça n’existe pas », a accusé Yves-François Blanchet, le chef du Bloc Québécois (indépendantiste), très en verve.

Trudeau très tranquille

Justin Trudeau, de son côté, a dû défendre sa « décision difficile » de nationaliser l’oléoduc Trans Mountain, affirmant que l’exportation de pétrole vers l’étranger permettra de financer « la transition » vers une économie verte engagée par son gouvernement. Andrew Scheer, dont c’était le premier débat électoral, a lancé quelques piques à son adversaire. Il l’a notamment qualifié « d’hypocrite sur la question de l’environnement ».

Justin Trudeau a pu tranquillement défendre le bilan de quatre années de mandat : légalisation du cannabis, signature d’un nouvel accord de libre-échange avec les Etats-Unis et le Mexique, principaux signaux économiques au vert, etc. Le scandale des photos et vidéo le montrant grimé de noir («blackface ») à plusieurs reprises entre les années 1990 et 2001, qui a terni son image et brièvement menacé de faire dérailler sa campagne il y a deux semaines, n’a même pas été évoqué.

Deux autres « débats des chefs » sont prévus les 7 (en anglais) et 10 octobre (en français), auxquels participeront aussi la cheffe des Verts Elizabeth May, et le chef du Parti populaire du Canada (droite), Maxime Bernier.