«L'incarcération de Marina Petrella n'aurait jamais dû avoir lieu»

REACTIONS Proches, associations et politiques réagissaient après l’annonce de la non-extradition de l’ex-membre des Brigades rouges...

C.F. (avec agence)

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Les proches et soutiens de l'ancienne brigadiste de 54 ans avaient demandé au président Nicolas Sarkozy l'application en faveur de celle-ci d'une "clause humanitaire" prévue par la convention d'extradition franco-italienne de 1957.
Les proches et soutiens de l'ancienne brigadiste de 54 ans avaient demandé au président Nicolas Sarkozy l'application en faveur de celle-ci d'une "clause humanitaire" prévue par la convention d'extradition franco-italienne de 1957. — Nairi Sarkis AFP/Archives

Proches et associations réagissaient après l’annonce, ce dimanche, que Marina Petrella, ex-membre des Brigades rouges, ne sera pas extradée en Italie.

La famille: «Le cauchemar s'arrête. Je remercie les autorités d'avoir compris la situation de ma femme», a réagi Hamed Merakchi, le mari de Marina Petrella. Ce dernier n'a pas vu son épouse, avec laquelle il a eu une fillette qui aura onze ans à la fin de l'année, depuis «le 7 août» et la décision de la cour d'appel de Versailles de la remettre en liberté pour raisons de santé.

Emma, leur petite fille, «n'arrête pas de tourner» depuis qu'elle a appris la nouvelle. «Elle va enfin pouvoir fêter son anniversaire et Noël avec sa maman. A Noël dernier (en 2007, ndlr), la petite était partie se coucher à 21h en pleurant», a conclu Hamed Merakchi.

La fille aînée de l’ex-membre des Brigades rouges, Elisa Novelli, s'est quant à elle dite «très émue» et a exprimé «un grand soulagement car les conditions étaient telles que c'était la seule solution pour permettre à ma mère de se reprendre». Née il y a 25 ans en Italie alors que Marina Petrella était incarcérée, Elisa Novelli a estimé que sa mère «pourra continuer d'être parmi nous et prendre conscience que l'épée de Damoclès (de l'extradition, ndlr) n'est plus au-dessus d'elle».

La Ligue des droits de l'Homme: Avec cette décision, «c’est un an de cauchemar qui se termine, un an d’acharnement inhumain qui a conduit Marina jusqu’aux portes de la mort», a déclaré la LDH dans un communiqué signé de son président Jean-Pierre Dubois, en faisant part d'une joie «immense». Le «premier devoir des autorités françaises, le devoir d’humanité, a donc été rempli in extremis», a estimé la LDH. Toutefois, un «autre devoir» reste à remplir: «Celui de revenir au respect de la parole donnée» aux réfugiés italiens, a-t-elle souligné.

Aiviter, la principale association italienne des victimes du terrorisme: «Les victimes sont contre la vendetta mais nous sommes respectueux de la justice. Il y a eu condamnation et elle doit être exécutée. Que penserait les Français dans une situation inverse?», a déclaré le président de l'association Aiviter, Roberto Della Rocca. Marina Petrella «peut très bien être soignée dans des structures italiennes», a-t-il ajouté. Il a «regretté» que les autorités françaises «ne respectent pas les conventions internationales», ajoutant qu'à sa connaissance «la prescription de l'homicide n'existe pas».

Le PCF: «Son tourment prend fin. C'est une bonne nouvelle. La mobilisation a fini par payer. Nicolas Sarkozy a du renoncer à son projet d'extradition. Il est regrettable que cette décision arrive si tard. L'incarcération de Marina Petrella pendant 8 mois n'aurait jamais dû avoir lieu, la France s'étant engagée à n'extrader aucun réfugié italien.»

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap): «Cette décision est à mettre au crédit de la ténacité de Marina, de la détermination de ses proches et de la mobilisation citoyenne. Cette victoire de la raison est une belle leçon de l'utilité, de l'efficacité de la résistance citoyenne, elle est un encouragement pour d'autres combats contre l'injustice.»