Rome risque la crise sanitaire à cause de la mauvaise gestion de ses déchets

DÉBORDEMENT La capitale italienne souffre d’une surcharge de déchets, qui peinent à être pris en charge par les autorités

20 Minutes avec agences

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Si la situation n'est pas rapidement prise en charge, la ville entrera en situation de crise sanitaire.
Si la situation n'est pas rapidement prise en charge, la ville entrera en situation de crise sanitaire. — Andrew Medichini/AP/SIPA

Les autorités sanitaires de Rome ont averti ce mercredi que la crise chronique des déchets dont souffre la capitale italienne représentait un risque pour la santé. Les demandes de dératisation ont notamment atteint un nombre record au cours de l’été.

Alors que les containers à ordures débordent dans les rues, le conseil d’administration de la société municipale de ramassage des déchets (Ama), au cœur de divers scandales de corruption ces dernières années, a démissionné lundi pour un différend avec le conseil municipal, trois mois seulement après sa mise en place.

La maire au centre des critiques

Il s’agit de son septième changement de gouvernance. Le précédent conseil d’administration avait été remercié en février par la maire de Rome, Virginia Raggi. Élue en juin 2016, la candidate du Mouvement 5 Etoiles avait fait de la gestion des déchets un des piliers de son programme, avec les transports publics et la voirie.

Trois ans plus tard, les poubelles s’accumulent de façon chronique, les transports fonctionnent encore mal et les nids-de-poule sont légion. À tel point que la première édile est la cible régulière d’attaques de la presse et de ses administrés pour sa gestion jugée calamiteuse. « Il faut qu’une solution soit rapidement trouvée ou l’on risque une urgence sanitaire », a averti mercredi le Conseil de l'ordre des médecins de Rome.

Manque d’infrastructures

La ville manque notamment d’infrastructures pour éliminer ses déchets. Sur ses trois principales décharges, celle de Malagrotta, la deuxième plus grande à ciel ouvert en Europe, a été fermée par la mairie en 2013. Les deux autres ont été détruites par des incendies ces derniers mois. Des accords ont été signés pour envoyer les déchets dans d’autres régions que celle de Rome qui compte en outre très peu d’incinérateurs en activité.

Par ailleurs, l’association des syndics de copropriété a indiqué avoir reçu 12.000 demandes de dératisation entre mai et septembre, soit trois fois plus que d’habitude pendant la période estivale.

Scandale de la « Mafia capitale »

En avril dernier, après une série d’incendies de décharges dont certaines illicites, Virginia Raggi avait, elle, affirmé que Rome était « attaquée » par des « mafieux », déterminés à ne pas relâcher leur emprise sur un secteur lucratif.

Depuis 2015, la ville est secouée par le scandale « Mafia capitale », un vaste réseau de corruption impliquant des entrepreneurs, des fonctionnaires et des élus. Parmi les principales activités de ce réseau, figuraient la collecte des déchets, le ramassage des feuilles mortes et « l’accueil » des migrants.