Etats-Unis : Bientôt des tests ADN systématiquement conservés pour les migrants ?

REPRESSION Cette base de données du FBI pourrait être utilisée par d’autres agences du gouvernement américain

20 Minutes avec AFP

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Les défenseurs des droits civiques manifestent régulièrement contre la politique de répression des immigrants de Donald Trump. (illustration)
Les défenseurs des droits civiques manifestent régulièrement contre la politique de répression des immigrants de Donald Trump. (illustration) — M Stan Reaves/REX/SIPA

Le gouvernement américain prévoit de collecter l’ADN de tous les migrants détenus après être entrés illégalement aux Etats-Unis, ont fait savoir mercredi des responsables de l’administration Trump. Un programme permettrait de recueillir les informations génétiques de ces migrants et de les enregistrer dans une base de données du FBI qui répertorie des millions de profils de personnes arrêtées ou reconnues coupables de délits ou de crimes.

Ces informations pourraient aussi être utilisées par d’autres agences de maintien de l’ordre. Les promoteurs du programme ont fait valoir que cette politique permettrait de donner aux agents aux frontières une meilleure idée de la situation des migrants détenus. Aucune date de mise en œuvre n’a été arrêtée.

Les défenseurs des droits civiques vent debout

Le fait de collecter et stocker les données ADN de personnes détenues, mais non condamnées, a attiré les foudres des associations de défense des droits civiques. « C’est contraire aux notions basiques de liberté et d’autonomie », a ainsi réagi dans un communiqué la puissante ACLU. Selon les responsables américains, recueillir des échantillons d’ADN est en réalité requis par des réglementations du ministère de la Justice de 2006 et 2010 portant sur les personnes arrêtées et condamnées, mais qui n’ont jamais été mises en œuvre.

Plus tôt cette année, les garde-frontières ont commencé à procéder à des tests ADN moins poussés («rapid DNA ») sur les migrants ayant franchi la frontière avec leur famille, afin de vérifier la véracité des liens de parenté revendiqués par eux. Mais le programme envisagé permettra, lui, de récupérer des informations beaucoup plus complètes et de les conserver.

Pour l’année fiscale 2018, plus de 396.000 personnes ont été détenues à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, la grande majorité d’entre elles venant du Salvador, du Honduras et du Guatemala.