Royaume-Uni : Les stocks de morues et de saumons de l’Atlantique menacés

PECHE Le hareng, le carrelet ou encore le merlu sont parmi les espèces les moins menacées dans les eaux britanniques

S. A.

— 

(Illustration) Un chalutier en mer du Nord.
(Illustration) Un chalutier en mer du Nord. — JPPorcher/SIPA

Va-t-on vers une diminution des quotas de pêche à la morue et du saumon de l’Atlantique en mer du Nord ? Les consommateurs britanniques​ sont en tout cas invités à ne plus acheter ces deux poissons, en raison des stocks mondiaux de poissons surexploités.

Cette recommandation provient de l’ONG britannique Marine Conservation Society, qui publie un guide annuel [« Good Fish Guide »] visant à inciter la population à consommer du poisson de façon durable et responsable. Selon son rapport, la morue pêchée en Mer du Nord et le saumon de l’Atlantique sont fortement menacés dans les eaux britanniques.

La morue en fort déclin

Le guide recense plus d’une centaine d’espèces, classées selon une note et couleur : la meilleure est 1, associée à la couleur verte et la plus mauvaise 5, associée à la couleur rouge. Cette année, elle a attribué un carton rouge à la morue pêchée en mer du Nord, qui connaît un fort déclin. Le « mauvais » poisson a aussi reçu un avis défavorable de la part de l’association MSC (Marine Stewardship Council), qui délivre depuis 20 ans le label « Pêche Durable MSC ». Ainsi, la morue pourrait disparaître des rayons des supermarchés britanniques l’année prochaine. Les plus réticents à cesser de consommer ce poisson sont invités à choisir des espèces en provenance d’Islande ou du nord-est de l’Arctique.

Concernant le saumon sauvage de l’Altantique, le guide explique que le stock est menacé car son élevage est menacé en Ecosse et il n’y a pas de rivières au Royaume-Uni et au Pays de Galles. L’ONG Marine Conservation Society recommande aux consommateurs d’opter pour du saumon issu de l’agriculture biologique britannique. Les autres poissons à éviter sont l’anguille d’Europe, sujette à une extinction à cause de la surpêche, la perturbation de son habitat et la pollution, le merlan capturé à l’ouest du Royaume-Uni, le flétan de l’Atlantique, capturé n’importe où que dans les eaux britanniques. La liste des espèces dont les stocks ne sont pas surexploités évolue au fil du temps et selon les zones de pêche.

Des changements prévus avec le Brexit

Tout n’est pas perdu pour les consommateurs de poissons. Les stocks de harengs (d’Irlande ou de la mer du Nord), carrelets ainsi que les huîtres, les moules et les gambas se portent bien. Le flétan de l’Atlantique, élevé au Royaume-Uni, peut être consommé.

D’importants changements sont attendus avec le Brexit dans la gestion de la pêche et des stocks de poissons au Royaume-Uni. « Il est plus important que jamais que les consommateurs accordent une attention particulière à la situation de nos pêcheries et de nos piscicultures britanniques et soutiennent les produits de la mer durables au Royaume-Uni », estime l’ONG britannique Marine Conservation Society dans son guide.