Impeachment : Donald Trump riposte au lance-flammes, les démocrates ciblent son avocat

ETATS-UNIS Le président américain a suggéré que l’élu démocrate Adam Schiff soit arrêté, lundi, tandis que son avocat personnel a été sommé de livrer des documents au Congrès

P.B. avec AFP

— 

Le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche, le 30 septembre 2019.
Le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche, le 30 septembre 2019. — Chris Kleponis - Pool via CNP/Newscom/SIPA

Sous la menace d’une procédure de destitution, Donald Trump a encore fait monter d’un ton la surenchère verbale. Lundi, il a suggéré que l’élu démocrate Adam Schiff, qui supervise l’enquête d’impeachment au Congrès, soit arrêté pour « trahison », l’accusant d’avoir déformé sa conversation avec le président ukrainien. La veille, le président américain avait qualifié la source du lanceur d’alerte « d’espion », assurant que les Etats-Unis allaient sombrer dans la « guerre civile » s’il était destitué. Pendant ce temps-là, les démocrates ont exigé lundi que son avocat personnel, Rudy Giuliani, leur remette tous les documents liés à l’affaire ukrainienne.

« Adam Schiff a fait, illégalement, une déclaration FAUSSE et terrible, sur mon échange avec le président ukrainien (…) Cela n’a rien à voir avec ce que j’ai dit. Doit-il être arrêté pour trahison ? », a lancé Donald Trump sur Twitter.

Dimanche, Donald Trump avait exigé que l’identité du lanceur d’alerte, ce membre du renseignement américain qui a signalé le coup de fil dans lequel le président américain demandait à son homologue ukrainien d’enquêter sur le fils de Joe Biden, soit révélée : « Comme tous les Américains, j’ai le droit de rencontrer mon accusateur (…) mais également la personne qui lui a illégalement fourni cette information, qui était en grande partie erronée. Est-ce que cette personne ESPIONNAIT un président américain ? Graves conséquences ! »

Assignation contre Rudy Giuliani

Les élus démocrates de la Chambre, eux, ont fait usage de leur pouvoir de « subpoena » (assignation) ce lundi. Ils ont exigé que l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, leur livre des documents liés à l’affaire ukrainienne dans le cadre de leur enquête. Giuliani « a admis à la télévision qu’il avait demandé, en tant qu’avocat personnel du président, au gouvernement ukrainien de cibler l’ancien vice-président Joe Biden », écrivent les démocrates dans un communiqué le sommant de remettre les documents d’ici le 15 octobre.

Sur CNN, mi-septembre, Rudy Giuliani avait d’abord nié avoir demandé aux autorités ukrainiennes d’enquêter sur le fils de Joe Biden, qui siégeait au Conseil d’administration d’une compagnie gazière ukrainienne quand son père était vice-président. Mais quelques secondes plus tard, l’ancien maire de New York avait dit exactement l’inverse, accusant les Biden d’être impliqués dans un scandale de corruption – ce que Kiev a démenti à plusieurs reprises. Selon les médias américains, Giuliani a échangé et rencontré plusieurs responsables ukrainiens à ce sujet.

Après l’Ukraine, l’Australie ?

D’autres échanges téléphoniques pourraient en outre venir hanter Donald Trump en renforçant les soupçons d’une utilisation de la puissance de la diplomatie américaine à des fins politiques personnelles. Selon le New York Times, il a, lors d’un récent échange téléphonique, demandé au Premier ministre australien d’aider son ministre de la Justice à rassembler des éléments dans le but de discréditer l’enquête Mueller. Et selon le Washington Post, le ministre américain de la Justice, Bill Barr, aurait lui demandé l’assistance d’autres pays.

Les démocrates ont mis le turbo dans leur enquête. Dimanche, Adam Schiff a expliqué qu’il se concentrait sur l’affaire ukrainienne, estimant que Donald Trump a « violé son serment présidentiel ». Si les démocrates de la Chambre votent l’impeachment à la majorité au cours des prochaines semaines, le patron républicain du Sénat, Mitch McConnell a assuré dimanche qu’il n’aurait « pas le choix » et devrait organiser le procès de Donald Trump. Le président américain reste toutefois à l’abri d’une destitution car les républicains ont la majorité au Sénat. Il faudrait que 20 sénateurs conservateurs le lâchent, un scénario impensable à un peu plus d’un an de la présidentielle de 2020.