Vapotage : La filière française souffre de la polémique aux Etats-Unis

TABAC Les actions en bourse partent en fumée (vous l’avez ?)

J.-L.D. avec AFP

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Illustration d'un vapotage.
Illustration d'un vapotage. — SEBASTIEN SALOM GOMIS / SIPA

La filière française de la cigarette électronique souffre depuis la mise en cause du vapotage aux Etats-Unis, avec une chute d’activité de l’ordre de 25 % à 30 %, a indiqué ce lundi l’un des grands acteurs du secteur.

« Nous craignons que des fumeurs en viennent désormais à se dire que la " vape " est plus dangereuse que la cigarette », souligne Rémi Baert, le PDG de Kumulus Vape, qui présente ses produits comme une aide à la réduction de la dépendance des fumeurs envers la nicotine.

Pas les mêmes composants

Quelque 805 cas de maladies pulmonaires liées au vapotage ont été recensés aux Etats-Unis, avec douze décès. Le Massachusetts a interdit dans la foulée la vente de cigarettes électroniques, tandis que deux autres États (New York et le Michigan) ont prohibé les e-cigarettes aromatisées.

« Le marché américain n’est pas régi par les mêmes lois qu’en France », fait valoir Rémi Baert. « Aux États-Unis, la composition des produits est totalement libre », relève-t-il, alors qu’en France, les liquides de recharge doivent être déclarés auprès des autorités de santé.

Un THC absent en France

Le profil des consommateurs est aussi très différent : en France, ce sont des fumeurs qui tentent d’arrêter, alors qu’aux États-Unis, ce sont souvent des jeunes qui n’ont jamais fumé auparavant.

« Le drame que vivent les Américains ne semble pas être lié au vapotage mais à la présence d’une forme huileuse du THC (la substance psychotrope du cannabis) dans le liquide de recharge. C’est une forme de consommation de drogue », dénonce M. Baert qui estime que l’usage de l’e-cigarette « a été détourné ».

Chute en bourse

Son entreprise, qui est cotée en Bourse depuis le mois de mai, est à la fois grossiste (distribuant ses produits à quelque 400 boutiques) et vendeur grand public, à travers son site internet. Les produits de recharge commercialisés par la société sont « majoritairement français », assure-t-il. « Et nous pouvons clairement affirmer que les producteurs français sont les meilleurs au monde », en s’imposant d’eux-mêmes des critères allant au-delà des exigences réglementaires et certifiées par la norme Afnor.

Basée à Corbas (métropole de Lyon), Kumulus Vape a réalisé un chiffre d’affaires de 4,8 millions d’euros (+79 %) au premier semestre et devrait atteindre les 11 millions d’euros en année pleine, avec un résultat bénéficiaire.

Mais la polémique a fait plonger le titre en Bourse. Depuis son pic de juillet, l’action Kumulus Vape a perdu la moitié de sa valeur pour tomber aux alentours de 4 euros. A ce prix, la société était valorisée 8 millions d’euros.