Suisse : Les 25 voitures de luxe du vice-président guinéen Teodorin Biang vendues aux enchères

CORRUPTION Les bénéfices de la vente seront reversés à des œuvres caritatives qui luttent contre la pauvreté et la corruption en Guinée équatoriale

20 Minutes avec agences
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Une Lamborghini Veneno.
Une Lamborghini Veneno. — Fabrice Coffrini AFP

Vingt-cinq bolides, saisis par la Suisse dans le cadre d’une procédure judiciaire contre le vice-président de Guinée équatoriale Teodorin Obiang, ont été vendus aux enchères ce week-end. Le lot est parti pour un total de 23,4 millions de francs suisses (21,6 millions d’euros).

La « star de la collection », une Lamborghini Veneno, a été vendue pour 8,28 millions de francs (7,6 millions d’euros), selon la maison d’enchères britannique Bonhams. Il s’agit d’un record mondial pour la marque automobile. Il n’existe que neuf exemplaires de ce modèle dans le monde.

Le profit de la vente reversé à des associations caritatives

Le lot de voitures, vendues séparément, comprenait sept Ferrari, trois Lamborghini, cinq Bentley, une Maserati et une McLaren. L’acquéreur de la Lamborghini Veneno a également remporté une Koenigsegg One bleue et noire carbone, dont il n’existe que six exemplaires, pour 4,2 millions d’euros.

Une Aston Martin One-77 rouge, évaluée entre 1,3 et 1,7 million d’euros, a été adjugée à près de 1,4 million d’euros. Tous les fonds de la vente seront reversés à des œuvres caritatives en Guinée équatoriale, petit pays pétrolier en proie à beaucoup de pauvreté et de corruption des gouvernants, selon l’ONG Transparency International.

Plusieurs poursuites contre Teodorin Biang

La collection de bolides avait été confisquée par la justice suisse après l’ouverture, en 2016, d’une procédure pénale contre Teodorin Obiang et deux autres personnes pour « blanchiment d’argent et gestion déloyale des intérêts publics ». Après le classement de la procédure en février dernier, la justice et les autorités de Guinée se sont mises d’accord pour que les voitures soient vendues.

Teodorin Obiang, fils du président et devenu vice-président en 2012, est connu pour ses extravagances et son train de vie somptueux. Il a été condamné en 2017 à Paris à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende pour s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable. Il a fait appel de ce jugement. Cette procédure ne freine pas les préparatifs à la succession. Fin novembre 2018, il a dirigé son premier Conseil des ministres.