Autriche : Le leader conservateur Sebastian Kurz remporte les législatives

EUROPE Crédité de 37 % des voix, Sebastian Kurz a remporté les élections, signant son retour probable à chancellerie, quatre mois après quitté le pouvoir

20 Minutes avec AFP

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Sebastian Kurz dans son QG, à Vienne, le 29 septembre 2019.
Sebastian Kurz dans son QG, à Vienne, le 29 septembre 2019. — Matthias Schrader/AP/SIPA

« Qui veut Kurz doit voter Kurz » proclamaient les affiches électorales du favori des sondages. Selon les projections, le conservateur Sebastian Kurz, 33 ans, a remporté les élections législatives de ce dimanche avec environ 37 % des suffrages, signant son probable retour à la chancellerie.

Quatre mois après avoir été renversé par le retentissant scandale de l'Ibizagate, Sebastian Kurz a donc réussi son pari, améliorant même son score de 2017 de presque six points. Son premier gouvernement, formé avec le parti d’extrême droite FPÖ, n’avait pas résisté à des révélations compromettantes pour le numéro deux du gouvernement. Il avait implosé en mai, au bout de 18 mois de mandat.

Débâcle de l’extrême droite et retour fracassant des Verts

Les Autrichiens ont sanctionné le FPÖ pour ce scandale qui a terni l’image de leur pays. Avec 16 % des voix, le parti nationaliste a perdu environ dix points par rapport au scrutin de 2017. Il arrive derrière les sociaux-démocrates qui prennent la seconde place avec environ 22 % des voix.

Les Verts enregistrent quant à eux une progression fulgurante. Sortis du parlement avec moins de 4 % des voix il y a deux ans, ils y font leur retour, avec entre 13 et 14 % des suffrages.

Former une coalition

Sebastian Kurz devra dans les prochains jours trouver des alliés et négocier la formation d’une coalition pour gouverner.

Plusieurs figures du parti social-démocrate font pression en coulisse pour qu’il étudie un retour à alliance avec la gauche, une formule ayant gouverné l’Autriche durant quarante-quatre ans depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais le conservateur sait qu’il perdrait en popularité chez des électeurs qui ne veulent plus entendre parler de ce « vieux couple » usé par les désaccords et les inimitiés personnelles.

Les sujets climatiques ayant éclipsé la thématique de l’immigration lors de la campagne, Sebastian Kurz a en revanche entamé un rapprochement sur un programme gouvernemental commun avec les Verts. Ces derniers ont affirmé par la voix de leur chef n’envisager une coalition que si Sebastian Kurz effectuait un « changement radical » de direction par rapport à sa précédente alliance avec l’extrême droite.