Indonésie: Un deuxième étudiant meurt au cours d’une vague de manifestations

LUTTE Les étudiants s’opposent depuis près d’une semaine à une réforme qui risque d’affaiblir l’agence de lutte contre la corruption, et à une révision du code pénal prévoyant des peines de prison pour les relations sexuelles hors mariage

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants devant les grille du Parlement à Jakarta, le 24 septembre 2019.
Des manifestants devant les grille du Parlement à Jakarta, le 24 septembre 2019. — Tatan Syuflana/AP/SIPA

Un deuxième étudiant est mort vendredi au cours d’une vague de manifestations contre des lois controversées qui agitent l’Indonésie depuis le début de la semaine. Les étudiants manifestent contre une réforme qui risque d’affaiblir l’agence de lutte contre la corruption, et une révision du code pénal vue comme liberticide prévoyant notamment des peines de prison pour les relations sexuelles hors mariage ou entre personnes du même sexe.

Un parlement local incendié

Selon le directeur de l’hôpital de la ville, Sjarif Subijakto, l’étudiant, un ingénieur de 19 ans, est mort à l’hôpital après des coups à la tête reçus au cours d’émeutes jeudi à Kendari sur l’île des Célèbes. Les proches du jeune homme ont confirmé son décès dont les circonstances n’ont pas été éclaircies. « Son père a reconnu sa mort, il veut juste savoir ce qui s’est passé », a indiqué Rahmat, un membre de la famille. « Mais sa mère est toujours sous le choc ».

Il s’agit de la deuxième victime parmi les étudiants après les violentes manifestations qui se sont multipliées à travers le pays depuis lundi causant plusieurs centaines de blessés dans des affrontements avec les forces de l’ordre. Jeudi en effet, un étudiant âgé de 22 ans, selon les dernières informations de la police, est mort dans la même ville de Kendari après avoir été blessé à la poitrine au cours d’une manifestation qui a conduit à l’incendie du parlement local. « L’autopsie a révélé que la blessure avait été causée par une balle réelle », a annoncé Iriyanto, le chef de la police du sud-est des Célèbes.

Des manifestants à Makassar en Indonésie, le 27 septembre 2019.
Des manifestants à Makassar en Indonésie, le 27 septembre 2019. - Hariandi Hafid / SOPA Ima/SIPA

Le président recule

Le président indonésien Joko Widodo a fait part de ses condoléances aux parents des deux étudiants et ordonné une enquête sur les circonstances de leur mort. Mis en difficulté alors qu’il s’apprête à être investi pour un second mandat en octobre, le président a souligné qu’il avait demandé à la police d’agir avec retenue. « Depuis le début, j’ai demandé au chef de la police et aux policiers de ne pas faire d’excès ».

Cette vague de manifestations est l’une des plus importantes en Indonésie depuis le soulèvement ayant abouti à la chute du dictateur Suharto en 1998. Les députés indonésiens devaient voter cette semaine la réforme du code pénal mais, devant les critiques, le président a demandé la semaine dernière qu’elle soit repoussée à la session parlementaire d’octobre. En ce qui concerne la réforme de l’agence de lutte contre la corruption, il a semblé reculer jeudi, indiquant qu’il réfléchissait à un décret pour la modifier.