Egypte : Des manifestations sporadiques de pro et anti-Sissi

MOBILISATION Les manifestants ont été rapidement dispersés, selon les témoins sur place

20 Minutes avec AFP

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Des partisans du président égyptien Abdel Fattah al-Sisi se sont rassemblés près du mémorial des soldats inconnus dans le quartier oriental de Nasr City, au Caire,  le 27 septembre 2019.
Des partisans du président égyptien Abdel Fattah al-Sisi se sont rassemblés près du mémorial des soldats inconnus dans le quartier oriental de Nasr City, au Caire, le 27 septembre 2019. — Khaled DESOUKI / AFP

Plusieurs manifestations anti-Sissi  de faible ampleur ont eu lieu vendredi en Egypte avant d’être rapidement dispersées, tandis que des supporteurs du président sont également descendus dans la rue, ont indiqué des témoins.

Un témoin oculaire a déclaré que dans l’île de Warraq, sur le Nil, au Caire, des centaines de personnes ont répondu vendredi à l’appel à manifester contre Abdel Fattah al-Sissi lancé par l’homme d’affaires en exil Mohamed Aly qui accuse le président de corruption.

Plusieurs manifestations recensées

« Environ 3.000 personnes ont manifesté après les prières du vendredi », a déclaré le témoin, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, tout en précisant que la police avait tiré du gaz lacrymogène pour disperser la manifestation. Il n’a pas été possible de confirmer le nombre de manifestants mentionnés.

Selon un autre témoin dans la province de Qena, dans le sud de l’Egypte, des manifestations limitées ont eu lieu dans le centre de Qus et dans la ville de Qena. « Une centaine de personnes sont sorties à Qus et ont déchiré des banderoles portant des photos de Sisi », a déclaré le témoin. Il a ajouté que « la sécurité contrôle la situation ». Des vidéos de manifestations sur les réseaux sociaux ont été diffusées dans d’autres gouvernorats tels que Louxor et Assouan (sud de l’Egypte), sans que leur authenticité ne soit confirmée.

« Pas de raison de s’inquiéter »

Parallèlement, des manifestations de soutien au président Sissi ont été organisées dans le pays. Au Caire, près de la tombe de l’ancien président Anouar el-Sadate, ils étaient environ un millier de personnes vendredi après-midi, selon un journaliste présent sur place.

Vendredi matin, la police égyptienne a bloqué les rues menant à la place Tahrir au Caire, symbole de la révolution de 2011, en prévision des manifestations qui pourraient avoir lieu après les prières du vendredi. A son arrivée à l’aéroport du Caire en provenance de New York, où il a participé à l’Assemblée générale des Nations unies, le président Sissi a déclaré qu’il n’y avait « pas de raison de s’inquiéter » des appels à manifester contre lui.

Liberté de manifester

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Michelle Bachelet a appelé vendredi les autorités égyptiennes à « changer radicalement » d’approche face aux manifestations, demandant la libération « immédiate » des personnes détenues pour avoir exercé leur droit à manifester.

Dans un communiqué, Michelle Bachelet a exhorté « les autorités à changer radicalement leur approche à l’égard de toute manifestation future, y compris celles qui pourraient avoir lieu aujourd’hui ». « Je rappelle au gouvernement égyptien qu’en vertu du droit international, les gens ont le droit de manifester pacifiquement », a-t-elle ajouté.