Nucléaire : L’Iran accélère son enrichissement, Rohani exige une levée des sanctions

GEOPOLITIQUE Selon l'AIEA, Téhéran a mis en route ses centrifugeuses avancées

20 Minutes avec AFP

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Des inspecteurs de Agence internationale de l'énergie atomique en Iran sur le site d'enrichissement de Natanz en 2014 (illustration).
Des inspecteurs de Agence internationale de l'énergie atomique en Iran sur le site d'enrichissement de Natanz en 2014 (illustration). — Kazem Ghane/AP/SIPA

Les espoirs d’un dialogue entre les Etats-Unis et l’Iran s’amenuisent un peu plus. Téhéran a lancé le processus d’enrichissement d’uranium dans ses centrifugeuses avancées récemment installées, nouvelle étape d’une réduction des engagements pris par le pays dans le cadre de l’accord de 2015 sur ses activités nucléaires, a indiqué jeudi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

A New York, le président iranien Hassan Rohani a exclu de rencontrer Donald Trump tant que les sanctions américaines seraient en place.

« Pression maximale »

Selon un rapport de l’AIEA, agence de l’ONU en charge de contrôler le respect de cet accord, les centrifugeuses avancées mises en route sur le site iranien de Natanz "sont en train de procéder, ou ont été préparées pour procéder, à l’enrichissement d’uranium". Les centrifugeuses "en train d’accumuler de l’uranium enrichi", ou d’être sur le point de le faire, sont vingt modèles de type IR-4 et deux "cascades" totalisant 30 modèles de type IR-6, précise le rapport consulté par l’AFP.

L’accord de 2015 sur le nucléaire iranien n’autorise Téhéran à produire de l’uranium enrichi qu’avec des centrifugeuses de première génération (IR-1). Installer les centrifugeuses en cascade permet d’accélérer le processus d’enrichissement. L’Iran avait annoncé le 7 septembre avoir mis en route ces centrifugeuses avancées devant augmenter son stock d’uranium enrichi qui depuis juillet dépasse la limite (300 kg) fixée par l’accord de Vienne.

Ce pacte, signé entre Téhéran et les grandes puissances – dont les Etats-Unis – se délite depuis que le président américain Donald Trump l’a dénoncé en mai 2018. Washington a depuis lors rétabli des sanctions économiques contre Téhéran, qu’elle ne cesse d’intensifier, au nom d’une politique de "pression maximale", destinée à contraindre Téhéran à négocier un nouvel accord.

Rohani veut une levée des sanctions avant tout dialogue avec Trump

Le rétablissement des sanctions américaines prive l’Iran des retombées économiques qu’il attendait de l’accord. Ce texte prévoit en effet la levée d’une partie des sanctions internationales contre l’Iran en échange d’une limitation drastique de son programme nucléaire devant garantir que le pays ne se dotera pas de l’arme atomique.

En réduisant progressivement ses engagements, Téhéran – qui a toujours nié vouloir la bombe nucléaire – entend faire pression sur les autres Etats parties à l’accord (Européens, Russie et Chine) pour qu’ils l’aident à contourner les sanctions américaines et, en premier lieu, à exporter son pétrole.

Depuis mai, Téhéran a augmenté ses stocks d’uranium enrichi au-delà de la limite fixée par l’accord, et enrichit désormais ce minerai à 4,5 %, niveau supérieur au plafond fixé (3,67 %), mais très loin du seuil requis pour une utilisation militaire.

A New York Rohani a exigé une levée des sanctions avant tout dialogue avec les Etats-Unis, ce que Washington a pour l’instant écarté. Il a également lancé un message à ceux qui accusent l’Iran d’être responsable des attaques contre des installations pétrolières en Arabie saoudite : « Quelles sont vos preuves ? Si vous avez des preuves ou des documents, s’il vous plaît, présentez-les moi ! »