Conversation Trump-Zelensky : La Maison Blanche a tenté «d'étouffer l'affaire», selon Pelosi et le lanceur d'alerte

SCANDALE Selon le lanceur d’alerte, membre des services de renseignement, des hauts responsables seraient intervenus pour verrouiller toutes les archives

20 Minutes avec AFP

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La démocrate Nancy Pelosi le 25 septembre 2019 à Washington.
La démocrate Nancy Pelosi le 25 septembre 2019 à Washington. — J. Scott Applewhite/AP/SIPA

La Maison Blanche a tenté de restreindre l’accès aux notes sur l’appel entre Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky du 25 juillet qui avait suscité des inquiétudes, écrit un lanceur d’alerte membre des services de renseignement, dans un signalement publié jeudi par le Congrès. « C’est une manoeuvre pour étouffer » l’affaire, a déclaré jeudi la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

« Dans le cadre de mes fonctions officielles, j’ai été informé par plusieurs responsables du gouvernement américain que le président des Etats-Unis utilisait les capacités de sa fonction pour solliciter l’ingérence d’un pays étranger dans l’élection de 2020 aux Etats-Unis », explique le lanceur d’alerte dans ce document daté du 12 août.

« Au cours des jours suivant l’appel, j’ai appris de plusieurs responsables américains que de hauts responsables de la Maison Blanche étaient intervenus pour « verrouiller » toutes les archives liées à l’appel téléphonique », poursuit-il.

Supprimer la transcription du système informatique

Ce signalement porte sur un appel entre Donald Trump et son homologue ukrainien datant du 25 juillet. Lors de cet échange, le président américain a notamment demandé à son homologue d'enquêter sur son rival politique Joe Biden, candidat à la primaire démocrate pour l'élection présidentielle américaine de 2020, et son fils Hunter, qui a travaillé à partir de 2014 au sein d’un groupe gazier ukrainien. Cet appel, dont la transcription a été rendue publique mercredi, a déclenché le lancement d'une procédure de destitution par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates.

« Des responsables de la Maison Blanche m’ont raconté qu’ils avaient été « enjoints » par les avocats de la Maison Blanche de retirer la transcription électronique du système informatique où de telles transcriptions sont d’ordinaire conservées », affirme le lanceur d’alerte. « A la place, la transcription avait été téléchargée dans un système électronique distinct qui est d’habitude utilisé pour conserver et manipuler des informations classifiées d’une nature particulièrement sensible », poursuit-il. « Ces différents actes ont mis en évidence, à mes yeux, que des responsables de la Maison Blanche comprenaient la gravité de ce qu’il s’était passé lors de cet appel », souligne le lanceur d’alerte.

Audition du directeur par intérim du renseignement national

Cet agent, employé, détaché ou contractuel des services de renseignement, précise qu’il n’était pas un témoin direct de ces actes mais qu’il les a jugés « crédibles » car « dans presque tous les cas, plusieurs responsables ont évoqué des faits qui étaient cohérents entre eux ».

Selon lui, une douzaine de responsables de la Maison Blanche ont écouté la désormais célèbre conversation entre les présidents Trump et Zelensky. Le lanceur d’alerte a été jugé « crédible » par l’inspecteur général des services de renseignement.

L’audition très attendue au Congrès du directeur par intérim du renseignement national, Joseph Maguire, a démarré jeudi matin, peu après la publication de ce signalement par la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, dirigée par les démocrates.