VIDEO. Impeachment : « Smoking gun », « rien du tout »… Les réactions à la conversation entre Trump et le président ukrainien

ETATS-UNIS Le président américain a bien demandé à son homologue d'enquêter sur le fils de Joe Biden, et les démocrates ont officiellement donné le coup d'envoi d'une procédure d'impeachment

Philippe Berry

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La démocrate Nancy Pelosi le 25 septembre 2019 à Washington.
La démocrate Nancy Pelosi le 25 septembre 2019 à Washington. — J. Scott Applewhite/AP/SIPA

« J’aimerais que vous nous fassiez une faveur. » Ces mots ont plongé la Maison Blanche dans une nouvelle crise – la plus grave de la présidence de Donald Trump. Après la publication de la conversation dans laquelle le président américain demande à son homologue ukrainien d’enquêter sur le fils de Joe Biden, mercredi, les deux camps donnent dans l’explication de texte. Les démocrates estiment qu’il s’agit de « l’arme du crime » justifiant la procédure d’impeachment qu’ils ont lancée mardi. Donald Trump et les républicains, eux, assurent qu’il n’y a « pas eu de quid pro quo (donnant-donnant) » et dénoncent une « chasse aux sorcières ».

« Smoking gun »

Selon les candidats démocrates à la présidentielle Elizabeth Warren et Julian Castro, la retranscription de la conversation avec le président ukrainien constitue le « smoking gun » (l’arme du crime) d’un abus de pouvoir de Donald Trump. « Ces notes confirment que le président a eu un comportement qui menace l’intégrité de nos élections, de notre sécurité nationale et du serment (prêté par les présidents américains) », a enchaîné la cheffe des démocrates Nancy Pelosi, estimant que la procédure d’impeachment était « renforcée » par cette publication.

Dans sa conversation avec son homologue ukrainien, Donald Trump lui demande d’enquêter sur le fils de Joe Biden, qui a fait du lobbying en Ukraine, sur une source du rapport Mueller et offre l’assistance de son avocat Rudy Giuliani et du département américain de la Justice. C’est «encore plus accablant que ce que j’avais imaginé», «ces notes reflètent un chantage mafieux classique», a déclaré le président démocrate de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, Adam Schiff.

« Pas de quid pro quo », « pas de pression »

Donald Trump, lui, est monté au créneau, dénonçant une « crise montée de toutes pièces » et estimant que les notes prouvent qu’il n’y a eu « aucune pression » sur le président ukrainien. «Une destitution pour ça ? C'est une blague!», a-t-il lancé lors d'une conférence de presse dans un hôtel new-yorkais, proche du siège des Nations unies. «Les démocrates ont fait ça durant la semaine des Nations unies, c'était tout planifié...», a-t-il avancé.

De nombreux élus républicains ont insisté, il n’y a eu « aucun quid pro quo ». Traduction : selon eux, Donald Trump n’a rien offert en échange de cette « faveur » demandée au président ukrainien. Mais tout le monde n’est pas d’accord. Quelques jours avant l’appel, les Etats-Unis ont en effet gelé près de 400 millions de dollars d’aide militaire à l’Ukraine. Lors de leur conversation, Zelensky remercie Trump pour son « soutien à la défense » et promet d’acheter « davantage de missiles américains ». C’est à ce moment que Donald Trump demande une « faveur ». Pour Adam Schiff, il s’agit d’un accord « tacite ». « Le président ukrainien comprend très bien ce qui est attendu de lui. »

Tous les républicains ne volent pas au secours de Donald Trump. L’ancien candidat Mitt Romney, qui ne porte pas vraiment le locataire de la Maison Blanche dans son cœur, s’est redit « profondément troublé ». Il a réclamé que l’intégralité de la plainte du lanceur d’alerte qui a signalé cet appel téléphonique – et potentiellement d’autres épisodes – soit publiée. La bataille de l’opinion ne fait que commencer.