Sommet de l’ONU à New York : Boris Johnson fait rire en évoquant les dangers des technologies

DISCOURS Le Premier ministre britannique en a profité pour inviter ses auditeurs à un sommet sur la technologie dans la capitale britannique en 2020

20 Minutes avec AFP

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Boris Johnson lors de son discours à l'Assemblée générale de l'ONU, le 24 septembre 2019.
Boris Johnson lors de son discours à l'Assemblée générale de l'ONU, le 24 septembre 2019. — Johannes EISELE / AFP

Loin des thèmes diplomatiques traditionnels et du Brexit, le Premier ministre britannique, Boris Johnson a prononcé, ce mardi au siège de l’ONU à New York, un discours consacré aux dangers des nouvelles technologies qui pourraient apporter « poulets sans pattes » et villes aseptisées comme « une pharmacie zurichoise ».

Quelques heures après la décision de la Cour suprême qui a jugé illégal de suspendre le Parlement à l’approche du Brexit, Boris Johnson est monté à la tribune peu avant 22h (2h GMT) pour une tirade d’une vingtaine de minutes évoquant un futur dystopique généré par les progrès de l’intelligence artificielle.

« Nous ne savons pas qui décidera comment utiliser ces données »

Prenant l’exemple des assistantes numériques comme Alexa​, il a lancé : « Alexa fera semblant d’être à vos ordres, mais elle vous surveillera, claquera de la langue et tapera du pied. » Devant un public clairsemé, le Premier ministre, anti-conformiste notoire, a suscité rires et étonnement en évoquant des villes « pleines de détecteurs », formant « un environnement urbain aussi aseptisé qu’une pharmacie zurichoise ».

« Nous ne savons pas qui décidera comment utiliser ces données, si on pourra confier à ces algorithmes nos vies et nos espoirs. Les machines devront-elles décider, et décider seules, si nous sommes éligibles pour un prêt immobilier, une assurance, une opération chirurgicale ? », s’est-il interrogé. Il s’est aussi demandé si la biologie de synthèse pourrait restaurer des tissus « tel un formidable remède anti-cuite » ou « apporter des poulets sans pattes terrifiants dans nos assiettes », martelant que ces technologies émergentes pouvaient générer « le bien comme le mal ». En même temps, il a dit « rejeter totalement le pessimisme anti-sciences », et s’est dit « profondément optimiste » que les technologies puissent avoir un effet « libérateur ».

Une seule allusion au Brexit

Boris Johnson a invité ses auditeurs à un sommet sur ce thème dans la capitale britannique en 2020, sans donner aucun détail. Et en a profité pour vanter les mérites d’une ville dont il fut longtemps maire, soulignant que Londres avait eu un temps « plus de restaurants étoilés au Michelin que Paris ». « Les Français ont rapidement repris le dessus, par un procédé dont je ne suis pas sûr qu’il était entièrement honnête », a-t-il ajouté en souriant.

Celui dont les plans pour concrétiser le Brexit ne cessent d’être contrecarrés par le Parlement britannique n’a fait qu’une allusion au chaos politique qui règne au Royaume-Uni. Evoquant l’image de l’aigle qui ne cesse de venir manger le foie de Prométhée, ce fan de mythologie a ajouté : « il n’arrêtait pas de revenir, un peu comme avec le Brexit, si certains de nos parlementaires parviennent à leurs fins ».