VIDEO. Coup de tonnerre, les démocrates lancent une procédure d'impeachment contre Trump

ETATS-UNIS Le président américain dénonce une « chasse aux sorcières » et a autorisé la publication de sa conversation téléphonique avec le président ukrainien au centre de la polémique

P.B. avec AFP

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La cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, et Donald Trump, le 22 mai 2019 (photomontage).
La cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, et Donald Trump, le 22 mai 2019 (photomontage). — Sipa/AP

Une grande bataille se prépare. La cheffe des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a annoncé mardi l’ouverture d'une « enquête officielle d'impeachment » contre Donald Trump, estimant que « ses actes jusqu’à ce jour ont violé la Constitution. »

Donald Trump a aussitôt dénoncé une « chasse aux sorcières » et un « harcèlement présidentiel ». Il a déclassifié sa conversation avec le président ukrainien au coeur de la nouvelle polémique. La retranscription sera publiée mercredi mais les démocrates, ainsi que plusieurs républicains, réclament la publication intégrale de la plainte du lanceur d'alerte.

Un appel controversé au président ukrainien

Le 9 septembre, l’inspecteur général des services de renseignement a informé le Congrès qu’il avait été saisi un mois plus tôt d’un problème « urgent » par un lanceur d’alerte « crédible », lui-même membre de la communauté du renseignement. Mais l’administration de Donald Trump a refusé de transmettre aux parlementaires le contenu de ce signalement.

Selon les médias américain, le lanceur d'alerte s'est notamment inquiété du contenu d’une conversation téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, survenue le 25 juillet. Acculé par de nombreuses fuites, le président américain a reconnu dimanche avoir évoqué lors de cet appel le favori de la primaire démocrate pour la présidentielle de 2020, Joe Biden, et son fils Hunter. Mais il assure qu’il n’a rien promis en échange.

Or, quelques jours avant cette conversation, Donald Trump avait ordonné le gel de près de 400 millions de dollars d’aide militaire à l’Ukraine. L’opposition démocrate le soupçonne d’avoir utilisé ces fonds pour pousser Zelensky à lancer une enquête pour corruption sur Hunter Biden, qui a fait du lobbying en Ukraine, afin de salir son père. « Je n’ai mis aucune pression sur » l’Ukraine, a rétorqué Donald Trump, qui assure avoir bloqué cette aide pour inciter d’autres pays occidentaux à contribuer au budget militaire de l’Ukraine.

Un impeachment possible, une destitution improbable

A ce stade, il ne s’agit que d’une enquête, qui donne des pouvoirs d’investigation aux élus démocrates. Mais Nancy Pelosi n’a pas garanti que la Chambre voterait dans la foulée – cela dépendra de ce que l’enquête révèle. L’impeachment est l’équivalent d’une mise en accusation. S’il était voté – à la majorité simple à la Chambre – il serait suivi d’un procès au Sénat. Pour destituer un président américain, il faut une condamnation à la majorité des deux tiers (67 sénateurs sur 100), ce qui ne s’est jamais produit dans l’histoire américaine (Nixon avait démissionné avant). Et avec un Sénat contrôlé par les républicains, Donald Trump semble pour l’instant à l’abri, même si Mitt Romney s’est dit « gravement troublé » par les fuites sur son appel téléphonique au président ukrainien.

Certes, les démocrates avaient déjà ouvert une dizaine d’enquêtes contre Donald Trump. Mais après avoir freiné des quatre fers, Nancy Pelosi a décidé de passer à l’offensive sur l’impeachment, ce qu’elle n’aurait sans doute pas fait sans avoir la certitude que ses troupes serrent les rangs. « A ce stade, je serais surpris s’ils ne votent pas un impeachment de Donald Trump pour abus de pouvoir. Cela pourrait aller assez vite vu comment la situation a avancé en une semaine », estime Chris Edelson, professeur de sciences politiques à l’université américaine de Washington. Selon lui, « Donald Trump ne sera pas destitué car les républicains ont la majorité au Sénat mais certains dans son camp ont réclamé que la plainte du lanceur d’alerte soit publiée intégralement. C’est une affaire des plus sérieuses. »