A l’Onu, Jair Bolsonaro défend sa souveraineté sur l’Amazonie

GEOPOLITIQUE Pour sa première intervention à l'Onu, le président brésilien a rejeté toute idée d'intervention internationale en Amazonie

20 Minutes avec AFP

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Jair Bolsonaro à l'Onu
Jair Bolsonaro à l'Onu — William Volcov/REX/SIPA

« Il est faux de dire que l’Amazonie appartient au patrimoine de l’humanité, et c’est une erreur des scientifiques de dire que notre forêt est le poumon de la planète », a lancé Jair Bolsonaro pour sa première intervention à l’Onu. Mardi devant les chefs d’Etat du monde entier réunis pour l’Assemblée générale des Nations unies, le président brésilien a rejeté avec fracas toute idée d’intervention internationale en Amazonie, accusant même certains pays d’attitude « coloniale » et critiquant – implicitement – la France.

« Au lieu de nous aider », certains pays, sur la base de « mensonges des médias », « se comportent de façon irrespectueuse et coloniale, attaquant notre souveraineté », a ajouté le président brésilien.

Les propositions « absurdes » de Macron

Sans citer directement la France, il a qualifié d'« absurdes » les propositions d’Emmanuel Macron pour protéger l’Amazonie, y compris en lui conférant un « statut international ». « Un des pays a osé suggérer lors de la dernière réunion du G7 d’appliquer des sanctions au Brésil, sans même consulter le Brésil », a tonné Jair Bolsonaro.

« Je remercie les pays qui ont refusé d’aller de l’avant sur cette proposition stupide. Et je remercie en particulier le président Donald Trump », a-t-il ajouté, faisant valoir que les valeurs de « respect, de liberté et de souveraineté » des pays devaient prévaloir au sein de l’ONU.

Le chef Raoni « instrumentalisé »

Le président brésilien a aussi vivement critiqué le cacique Raoni, chef de la tribu Kayapo et figure de la lutte contre la déforestation en Amazonie qui avait été reçu par M. Macron en marge du G7, l’accusant d’être « instrumentalisé » par des gouvernements étrangers. « Le monopole de Raoni sur l’Amazonie est terminé », a déclaré le chef d’Etat d’extrême droite.

Entre début janvier et le 19 septembre, malgré un léger recul des incendies depuis le début de ce mois, le Brésil a enregistré une hausse de 56 % par rapport à la même période de l’année dernière du nombre de feux de forêt, dont près de la moitié (47 %) touche l' Amazonie.