Sommet sur le climat : Des jeunes déposent plainte contre cinq pays, dont la France, pour inaction climatique

JUSTICE Les jeunes ont porté plainte contre cinq pays, dont la France, estimant qu’ils n’avaient pas respecté la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), adoptée en 1989, par laquelle les pays s’engagent à protéger la santé et les droits des enfants

20 Minutes avec AFP

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Seize jeunes, dont Greta Thunberg, ont porté plainte contre cinq pays, dont la France, pour non-respect de la convention de l'ONU sur les droits de l'enfant.
Seize jeunes, dont Greta Thunberg, ont porté plainte contre cinq pays, dont la France, pour non-respect de la convention de l'ONU sur les droits de l'enfant. — Kena Betancur / AFP

Après les manifestations et les discours, la lutte contre le réchauffement climatique franchit une étape supplémentaire. Pour dénoncer l’inaction climatique des dirigeants, seize jeunes, dont Greta Thunberg, ont déposé plainte devant le comité des droits de l’enfant de l’ONU contre cinq pays.

Pour ces jeunes, mobilisés dans la lutte pour le climat, la France, l’Allemagne, l’Argentine, le Brésil et la Turquie n’ont pas respecté la convention de l’Onu sur les droits de l’enfant. L’Assemblée générale de l’Onu a adopté la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) en 1989, avec laquelle les pays s’engagent à protéger la santé et les droits des enfants.

Les enfants autorisés à porter plainte devant l’ONU depuis 2014

« Ils n’ont pas tenu leurs engagements », a déclaré Greta Thunberg, en marge du sommet sur le climat de l’ONU lors duquel elle a à nouveau dénoncé l’inaction des dirigeants face à l’urgence climatique. La quasi-totalité des pays – USA exceptés – ont ratifié cette convention censée protéger la santé et les droits des enfants, et pourtant, « chacun de nous a vu ses droits violés et reniés. Nos avenirs sont en train d’être détruits », a ajouté Alexandria Villasenor, parfois surnommée la Greta Thunberg américaine.

Cette plainte, inédite, a été déposée par 16 jeunes, âgés de 8 à 17 ans et venus de 12 pays, avec l’aide du cabinet international d’avocats Hausfeld et la bénédiction de l’Unicef​. Elle s’inscrit dans le cadre d’un « protocole optionnel » méconnu de la convention : il autorise depuis 2014 des enfants à porter plainte devant le comité des droits de l’enfant de l’ONU, s’ils estiment que leurs droits sont bafoués.

Les pays visés ne sont pas forcément les plus gros pollueurs

Le comité est censé enquêter sur les violations présumées, puis faire des recommandations aux Etats visés pour y mettre fin. Les recommandations ne sont pas contraignantes, mais les 44 pays ayant ratifié ce protocole s’engagent en principe à les respecter, a expliqué Michael Hausfeld, qui espère que des recommandations seront faites dans les 12 mois qui viennent.

Les cinq pays visés par la plainte font partie de ces 44, figurent parmi les grands pollueurs de la planète, et sont influents au sein du club des pays riches du G20. Ce qui leur a valu d’être épinglés, plutôt que les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde, plus gros émetteurs au monde, qui eux n’ont pas ratifié ce protocole. De vieux pays industriels comme la France et l’Allemagne sont responsables d’une large part historique des émissions, même si aujourd’hui ils ne sont pas les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, a fait valoir le cabinet Hausfeld.