ONU: Pas de rencontre Trump-Rohani à ce stade, Macron s'active

DIPLOMATIE Le président américain laisse la porte ouverte alors que les Européens ont à leur tour accusé Téhéran d'être derrière l'attaque récente en Arabie saoudite

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et le président iranien Hassan Rohani.
Donald Trump et le président iranien Hassan Rohani. — AFP

Le suspense continue. Donald Trump a affirmé lundi qu’aucune rencontre n’était prévue « à ce stade » avec Hassan Rohani, mais il a laissé la porte ouverte à une entrevue, à New York, qui serait historique malgré les attaques en Arabie saoudite attribuées par les Occidentaux à l’Iran.

Tous les regards sont tournés vers les présidents américain et iranien à l’occasion de la 74e Assemblée générale des Nations unies. « Nous n’avons rien de prévu à ce stade », a déclaré le milliardaire républicain. « Je n’exclus jamais rien », a-t-il toutefois ajouté peu après.

Emmanuel Macron, qui joue les médiateurs, a eu lundi matin une première « réunion informelle » avec son homologue américain, à l’abri des médias. « Je verrai Rohani ce soir et de nouveau Trump demain » mardi, a déclaré le président français. « Je ferai tout pour que les conditions de discussions se créent, à la fois pour qu’il n’y ait aucune escalade et pour qu’on construise une solution utile, durable pour la sécurité dans la région », a-t-il assuré. « Quelque chose peut se passer » à New York, avait-il même lancé dans l’avion vers les Etats-Unis, soulignant que Donald Trump était « capable de changer très vite les choses » s’il en prenait la décision.

Européens accusent l’Iran

Depuis le sommet du G7 à Biarritz en France fin août, l’occupant de la Maison Blanche rêvait à haute voix d’un tête-à-tête avec son homologue iranien qui lui offrirait un beau coup diplomatique, à un an de la présidentielle aux Etats-Unis. Mais les attaques du 14 septembre contre deux installations pétrolières saoudiennes ont provoqué un vif regain de tension et fait craindre une nouvelle escalade militaire dans la région.

Emmanuel Macron, « lucide », a d’ailleurs concédé qu’elles avaient éloigné la perspective d’une rencontre Trump-Rohani, sans totalement la faire disparaître. D’autant qu’après les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, les Européens, qui se démènent pourtant pour sauver l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien dont Donald Trump s’est retiré avec fracas, ont à leur tour haussé le ton lundi à l’égard de Téhéran. « Il est clair pour nous que l’Iran porte la responsabilité de cette attaque. Il n’y a pas d’autre explication plausible », ont déclaré le président français, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson dans un communiqué commun à l’issue d’une rencontre à trois à New York.

Téhéran fait un geste

Les Européens ont exhorté Téhéran, qui nie toute implication, à « s’abstenir de toute nouvelle provocation ». Mais la riposte jusqu’ici en retenue de Washington – un durcissement des sanctions contre Téhéran et un déploiement « modéré » de renforts militaires dans le Golfe – suggère que la porte n’est pas totalement fermée au dialogue.

Tout comme l’insistance du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, pourtant réputé être un « faucon » face à l’Iran, sur la nécessité d’une « solution pacifique ». Signe de bonne volonté également du côté iranien ? Le tanker battant pavillon britannique arraisonné en juillet par l’Iran dans le détroit d’Ormuz a été opportunément relâché au moment où les dirigeants du monde se réunissaient à New York. En coulisses, la diplomatie semble donc plus que jamais à l’œuvre, même si les deux pays ennemis soufflent le chaud et le froid.

Emmanuel Macron a relevé une « ouverture avec des conditions » du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. Ce dernier a de fait affirmé lundi à des journalistes que Téhéran, qui réclame que Washington relâche la pression des sanctions pour nouer le dialogue, ne fermait « pas la porte à des discussions » avec les Etats-Unis.