Brexit : Le Parti travailliste britannique se réunit pour clarifier sa position

ROYAUME-UNI Le Labour, réuni en congrès spécial, doit clarifier, ce lundi en fin de journée, la ligne du parti sur la question du Brexit

20 Minutes avec AFP

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Jeremy Corbyn, le leader du parti d'opposition Labour, le 19 février 2019.
Jeremy Corbyn, le leader du parti d'opposition Labour, le 19 février 2019. — Luke Dray/Cover Images/SIPA

Accusé de ne pas clarifier sa position sur le Brexit, le Labour, principal parti d’opposition britannique, doit décider, ce lundi au congrès du parti, de la marche à suivre. Les poids lourds du parti pressent Jeremy Corbyn, le numéro un, de prendre position pour le maintien dans l’UE.

Le congrès du parti s’est ouvert ce week-end dans la station balnéaire de Brighton (sud de l’Angleterre) en plein déchirement autour du Brexit. Jeremy Corbyn affirme que s’il arrive au pouvoir, son gouvernement organisera un référendum proposant d’un côté une « offre crédible » d’accord de sortie de l’Union européenne, qui inclurait notamment « une nouvelle union douanière » avec l’UE et des garanties sur les droits sociaux et l’environnement, et de l’autre le maintien.

Des tensions en interne au Labour

Plus de trois ans après le référendum de juin 2016, le Brexit a déjà été repoussé deux fois. L’échéance est désormais fixée au 31 octobre et le Premier ministre conservateur Boris Johnson veut coûte que coûte sortir de l’UE à cette date, malgré une loi qui lui impose de demander un nouveau report s’il ne parvient pas à conclure un accord dans le mois qui vient. Chez les travaillistes, des poids lourds pressent Jeremy Corbyn de prendre position pour rester dans l’Union européenne, à l’instar de Tom Watson, numéro deux du parti.

Il appelle le Labour à soutenir « sans ambiguïté » le maintien dans l’UE lors d’un référendum qu’il souhaite voir se tenir avant même des élections législatives anticipées. Signe de l’ampleur de la crise qui secoue le parti, Tom Watson a échappé de peu à une tentative de suppression de son poste de chef adjoint, initiative dont Jeremy Corbyn, chef du Labour depuis 2015, n’avait pas connaissance. « Elle n’a pas eu lieu, je suis intervenu », a déclaré dimanche Jeremy Corbyn sur la BBC. Le leader travailliste de 70 ans souhaite d’abord arriver au pouvoir, puis négocier un accord avec Bruxelles et organiser un nouveau référendum.

Une « consultation » pour définir la ligne du parti

Mieux vaut-il rester dans l’UE ou la quitter ? « Ça dépend de l’accord que vous avez avec l’Union européenne à l’extérieur », a déclaré dimanche Jeremy Corbyn dans une interview à la BBC. Pour définir la ligne du parti sur la question, il souhaite que se tienne une « consultation », un congrès spécial. Le congrès doit voter lundi en fin de journée sur la question. Mais la cote de confiance de Corbyn est la plus basse jamais enregistrée pour un leader de l’opposition au Royaume-Uni, selon un sondage Ipsos MORI publié en fin de semaine dernière.

Trois quarts (76 %) des sondés sont mécontents de son action. Les sondages en vue d’élections générales ne sont guère plus réjouissants pour le Labour, très nettement distancé par le Parti conservateur de Boris Johnson. Une étude Opinium/Observer publiée dimanche donne même 15 points d’avance aux Tories, avec 37 % d’intentions de vote, contre 22 % pour le Labour. Jeremy Corbyn a aussi perdu l’un de ses proches conseillers, Andrew Fishern, qui selon le Sunday Times démissionne car il ne croit pas aux chances du parti lors des prochaines élections. Le leader travailliste a assuré qu’Andrew Fisher restait jusqu’à la fin de l’année, « il sera là pour la campagne ».